
Les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance des États du Sahel (AES) et des représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) se sont retrouvés ce vendredi 17 avril 2026 à Lomé lors d’une concertation en prélude à une réunion de haut niveau sur le Sahel, dans un contexte de relations tendues entre les deux blocs.
Une réunion de haut niveau sur la Nouvelle Stratégie du Togo pour le Sahel (2026–2028) se tiendra samedi à Lomé.
Cette Nouvelle Stratégie s’inscrit dans la continuité de l’engagement du Togo au Sahel et vient se substituer à l’ancienne Stratégie de 2021, qui a servi de cadre à l’action du pays au Sahel durant les quatre dernières années.
En prélude à cette rencontre, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, s’est entretenu avec ses homologues des pays membres de l’AES présents dans la capitale togolaise. Les échanges se sont tenus à huis clos dans un grand hôtel de Lomé.
Dans un premier temps, les quatre ministres ont discuté pendant plus de deux heures. Les pourparlers se sont ensuite élargis au président de la Commission de la Cédéao ainsi qu’à Lansana Kouyaté, « négociateur en chef auprès des pays de l’AES », ancien Premier ministre guinéen et ex-secrétaire exécutif de l’organisation.
« Ce qu’il faut retenir des échanges que nous avons eus, c’est que Lomé entend rester une ville de dialogue. Le Togo est un pays de paix. Nous travaillons pour la paix, la tolérance, le dialogue entre les peuples. Le fait que les représentants des pays de l’AES et de la Cédéao se rencontrent à Lomé, montrent que nous sommes un pays de paix, un pays de dialogue », a souligné le chef de la diplomatie togolaise.
« Le Togo est un pont entre l’AES et la Cédéao, un pont entre l’AES et la communauté internationale », a-t-il souligné.
Une première médiation avait été engagée en juillet 2024 par la Cedeao, qui avait confié la tâche au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, sans aboutir. En mars 2025, le président ghanéen John Dramani Mahama avait à son tour effectué une tournée dans les trois pays de l’AES, sans réussir à infléchir leur position sur un retour au sein de l’organisation sous-régionale.

Au Sahel, la menace terroriste perdure et s’étend progressivement vers les États du littoral du Golfe de Guinée. Une recomposition géopolitique est intervenue dans la région de l’Afrique de l’Ouest avec la sortie du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et la création de l’Alliance des États du Sahel (AES).
C’est dans ce contexte que le Togo a élaboré une Nouvelle Stratégie pour le Sahel (2026-2028) visant à adapter son engagement au Sahel aux réalités émergentes, tout en renforçant sa contribution à la stabilité régionale et à la coopération entre les pays du Sahel et ceux du Golfe de Guinée.
La rencontre de samedi réunira une large diversité d’acteurs majeurs notamment les représentants du gouvernement togolais, les représentants des gouvernements des États du Sahel, les envoyés spéciaux pour le Sahel, les représentants des organisations sous-régionales, régionales et internationales, notamment des Nations Unies, les représentants de la société civile et des think tanks. FIN
Edem Etonam EKUE