
L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila, sanctionné par les Etats-Unis qui l’accusent de soutenir le groupe armé M23, a dénoncé vendredi une décision « profondément injustifiée » et assuré de sa détermination à lutter contre le régime en place « envers et contre toute forme de pression ».
Washington a accusé jeudi M. Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, de chercher à « déstabiliser le gouvernement de RDC » et d’apporter un soutien financier au M23, groupe antigouvernemental soutenu par le Rwanda, qui s’est emparé de vastes pans de territoires dans l’est du pays et clame sa volonté de renverser le régime du président Félix Tshisekedi.
M. Kabila « a appris avec étonnement la décision du gouvernement américain le visant, décision qu’il considère profondément injustifiée, politiquement motivée et fondée sur des accusations non étayées de preuves irréfutables », selon ce communiqué transmis à l’AFP.
L’ex-président, qui se trouve désormais sur la liste noire des personnalités frappées de sanctions économiques par le service gouvernemental américain OFAC, « rassure le peuple Congolais » de « sa détermination à œuvrer sans relâche, envers et contre toute forme de pression, pour mettre fin à la dictature », ajoute le texte.
De son côté, Kinshasa a salué vendredi un « acte important en faveur de la lutte contre l’impunité », qui « restreint les capacités de mobilisation financière » et « de soutien logistique susceptibles d’alimenter et de prolonger la guerre ».
Fin septembre, la justice congolaise avait condamné M. Kabila par contumace à la peine de mort pour « complicité » avec le M23 et sa branche politique, l’Alliance fleuve Congo (AFC).
La décision américaine « se fonde sur le narratif du pouvoir de Kinshasa qui avait été incapable de soutenir les accusations formulées contre lui par la moindre preuve devant la justice militaire congolaise », a estimé M. Kabila.
La RDC et le Rwanda ont signé début décembre à Washington un fragile accord de paix sous l’égide du président Donald Trump.
Cet accord comporte une contrepartie économique visant à assurer à l’industrie de pointe américaine un approvisionnement en minerais stratégiques dont les sous-sols congolais regorgent.
Le gouvernement de la RDC a exprimé vendredi « sa reconnaissance à l’administration Trump » pour sa décision de sanctionner M. Kabila, estimant qu’elle « s’inscrit dans le cadre des efforts pour le respect des engagements souscrits à travers les accords de Washington ».
Joseph Kabila a quitté le pouvoir en 2019 après deux mandats, laissant la place à Félix Tshisekedi.
Expert dans l’art de manier le secret, il est resté très discret ces dernières années sur ses nouveaux lieux d’attache, faisant quelques apparitions notamment en Afrique du Sud et en Namibie.
L’an dernier, il a fait une apparition surprise à Goma, grande ville de l’est de la RDC tombée aux mains du M23 en janvier 2025.
Les Etats-Unis ont également pris récemment des sanctions contre l’armée rwandaise pour sa proximité avec le M23, provoquant la colère de Kigali.
Source : Afp