
Depuis février 2022, l’Ukraine est confrontée à une invasion militaire russe, largement perçue au niveau international comme une agression ayant déclenché une guerre aux lourdes conséquences humaines.
C’est dans ce contexte que onze journalistes venus de sept pays africains (Bénin, Cameroun, RD Congo, Mauritanie, Côte d’Ivoire, Sénégal, Togo) ont effectué récemment une immersion à Kiev ou Kyiv (capitale de l’Ukraine), au plus près des réalités du conflit.
Parmi eux figure Bernadette Ayibe, journaliste à Savoir News, qui a pris part à ce voyage de presse qui s’est déroulé du 11 au 16 mai 2026.
Le premier « choc » intervient dans la nuit du 13 au 14 mai, lorsque la Russie lance une attaque massive de missiles et de drones contre l’Ukraine. Les frappes nocturnes se sont principalement concentrées sur Kyiv. Selon l’armée de l’air ukrainienne, 56 missiles et 675 drones ont été utilisés lors de cette offensive.
« Un groupe de journalistes qui se rendait Kiev le 14 mai a été contraint de rebrousser chemin et mis à l’abri après le déclenchement de l’alerte. Nous nous apprêtions à les rejoindre lorsque nous avons reçu la même information. Le déplacement a été annulé et tout le monde a été mis à l’abri », a raconté Bernadette.

« Notre séjour sur le terrain en Ukraine a été une expérience particulièrement enrichissante. Les déplacements effectués nous ont permis de mieux appréhender certaines réalités liées à la guerre ».
Ces journalistes ont visité plusieurs endroits emblématiques, notamment le Centre pour les libertés civiles (Center for Civil Liberties, créé en 2007 à Kyiv) où ils ont rencontré des personnes revenues de captivité russe ainsi qu’avec les familles de celles qui sont toujours détenues, le Quartier général de coordination pour le traitement des prisonniers de guerre et le « Superhumans Center », un centre spécialisé dans la prise en charge des victimes de guerre, notamment les soldats et civils amputés ou gravement blessés.
« Ce qui a le plus retenu mon attention, c’est la découverte de lieux symboliques, notamment la place Maïdan (Maïdan Nezalezhnosti), la principale place publique de la capitale ukrainienne, Kiev. Nous avons également visité un grand cimetière dédié aux soldats tombés au combat. Autre élément marquant : le matin, dans certaines rues de Kiev, des voitures s’arrêtent spontanément pour rendre hommage aux victimes de la guerre. Une scène qui, selon moi, traduit l’importance accordée aux soldats disparus dans la société ukrainienne ».
La journaliste a mis également l’accent sur un autre élément aussi important : « Vu de l’extérieur, on pourrait croire que la guerre a complètement figé l’Ukraine. Pourtant, sur le terrain à Kiev, nous avons constaté que la population continue de vivre et de poursuivre ses activités malgré le contexte difficile ».
« Je reviendrai dans les prochains jours sur cette visite de terrain à travers plusieurs reportages », a promis Bernadette.

Plus de deux ans après le début de l’invasion russe à grande échelle, l’Ukraine continue de vivre au rythme de la guerre, entre résilience de la population, contraintes sécuritaires et adaptation du quotidien.
Le 24 mai, Kiev a subi l’une des plus importantes attaques aériennes enregistrées ces derniers mois, avec près de 600 drones et plusieurs dizaines de missiles utilisés par la Russie. D’autres régions ukrainiennes ont également été ciblées. FIN
Edem Etonam EKUE