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Christophe Guilhou : « La France a joué tout son rôle pour faire reculer le terrorisme au Sahel (…) »

« La France a joué tout son rôle pour faire reculer le terrorisme au Sahel aux côtés des armées de la région et à leurs demandes », a affirmé Christophe Guilhou (envoyé spécial de la France pour le Sahel) lors de la présentation de la Nouvelle Stratégie du Togo pour le Sahel (2026-2028) samedi à Lomé.

La France « est ensuite partie quand sa présence n’était plus souhaitée », a-t-il précisé.

En février 2022, le Mali a sommé la France de « retirer sans délai » les forces Barkhane et Takuba de son territoire, après neuf années de présence. Les autorités maliennes ont évoqué des « manquements répétés aux accords de défense ». En 2023, le Niger et le Burkina Faso ont, à leur tour, poussé la France vers la sortie.

Selon M.Guilhou, « la situation aujourd’hui est très différente. Le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, constitue une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité internationale ».

« Pour porter des réponses efficaces et durables, nos efforts de lutte contre le terrorisme doivent s’inscrire dans une stratégie englobante permettant de traiter l’ensemble des causes de la menace », a-t-il précisé.

Il a plaidé pour un renforcement du rôle des institutions africaines, notamment l’Union africaine et les organisations régionales dont la CEDEAO, qui joue un « rôle incontournable ».

« La France soutient le lancement d’opérations africaines de paix avec le soutien des Nations unies. L’initiative d’Accra et les actions de formation que mènent l’Union européenne et la France dans la région contribuent à cette réponse collective », a souligné M.Guilhou.

L’envoyé spécial de la France pour le Sahel a également rappelé que les civils demeurent les principales victimes, tant des groupes djihadistes que des abus commis par certaines forces armées. Il a souligné les « lourdes conséquences humanitaires » de ces conflits, marquées par une augmentation du nombre de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire, de déplacés internes, de réfugiés, ainsi que de victimes de violences sexuelles et basées sur le genre.

« La France continuera donc à apporter un soutien vital aux populations quand elle le peut et dans le respect de la souveraineté des pays concernés », a dit M.Guilhou.

« Nous continuerons d’accompagner le continent africain pour renforcer la résilience des communautés sur le long terme. Nous devons continuer à travailler auprès des populations sur leurs besoins humanitaires, la lutte contre la pauvreté, les inégalités et le changement climatique, et œuvrer pour la promotion des droits de l’homme, les libertés fondamentales et le renforcement de l’état de droit », a-t-il ajouté.

Notons que la Nouvelle Stratégie du Togo pour le Sahel (2026–2028) s’inscrit dans la continuité de l’engagement des autorités togolaises au Sahel et vient se substituer à l’ancienne Stratégie de 2021, qui a servi de cadre à l’action du pays au Sahel durant les quatre dernières années. 

Le document s’articule autour de cinq piliers, dont le dialogue politique avec les trois pays (Mali, Burkina, Niger) de l’Alliance des États du Sahel (AES), la coopération régionale et internationale, la lutte contre le terrorisme et le renforcement de l’intégration économique régionale. FIN

Junior AUREL

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