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« Regarde l’Ukraine » : À Lomé, les photographies d’Oleksandr Glyadyelov racontent un peuple debout face à l’histoire

À travers treize clichés en noir et blanc d’une grande force émotionnelle, l’exposition « Regarde l’Ukraine » a été inaugurée lundi 15 juin 2026 à l’Institut français du Togo.

Signée du photographe documentaire ukrainien Oleksandr Glyadyelov, cette exposition plonge les visiteurs dans le parcours d’un peuple confronté aux épreuves de la guerre, mais aussi porté par une quête constante de liberté, d’indépendance et de souveraineté.

Présentée par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, l’exposition « Regarde l’Ukraine » s’inscrit dans le prolongement de la Saison de l’Ukraine en France « Le Voyage en Ukraine », organisée entre décembre 2025 et mars 2026 par l’Institut français et l’Institut ukrainien. Elle est issue d’une rétrospective consacrée à Oleksandr Glyadyelov à Kyiv en septembre 2025.

De ces clichées, l’artiste livre un récit sensible de l’histoire récente de son pays, depuis l’indépendance de 1991 jusqu’à la guerre en cours. Et aussi, profondément humain des épreuves traversées par son peuple.

Ses images retracent les grandes mobilisations populaires, les espoirs démocratiques, les blessures de la guerre et la résilience d’une société confrontée à des défis permanents.

L’exposition revient notamment sur plusieurs moments clés de l’histoire récente de l’Ukraine. Les visiteurs découvrent des images liées à la Révolution orange de 2004, au mouvement de Maïdan en 2013, à l’annexion de la Crimée en 2014 ainsi qu’aux conséquences humaines de la guerre déclenchée par la Russie à grande échelle en février 2022.

Figure majeure de la photographie documentaire contemporaine, Oleksandr Glyadyelov documente depuis plus de trente-cinq ans les transformations de l’Ukraine post-soviétique. Son regard humaniste s’attache moins aux événements eux-mêmes qu’aux visages, aux émotions et aux vies bouleversées par l’histoire.

Lors du vernissage, l’ambassadeur de France au Togo, Augustin Favereau, a souligné la portée à la fois artistique et universelle de l’exposition.

Selon lui, les photographies présentées dépassent le seul cadre ukrainien pour interroger des valeurs partagées par de nombreux peuples, notamment celles de la liberté, de l’indépendance et de la souveraineté.

« Aujourd’hui, nous allons célébrer un artiste et une œuvre. Mais à travers cette œuvre et à travers l’Ukraine, c’est aussi de nous-mêmes que nous parlons, Européens comme Africains », a-t-il déclaré devant un public composé de diplomates, d’acteurs culturels et d’amis de l’Institut français.

Son regard humaniste s’attache moins aux événements eux-mêmes qu’aux visages, aux émotions et aux vies bouleversées par l’histoire.

« L’utilisation du noir et blanc permet de saisir +l’épaisseur humaine des événements+, mettant en lumière les espoirs, les souffrances mais aussi la résilience du peuple ukrainien », a-t-il souligné.

Depuis plus de trente-cinq ans, Oleksandr Glyadyelov documente les bouleversements de l’espace post-soviétique. Son approche humaniste et son usage exigeant du noir et blanc donnent à voir les espoirs, les désillusions et la résilience d’une population confrontée à la violence des conflits.

Au-delà des événements politiques, les photographies mettent en lumière le quotidien de femmes, d’hommes et d’enfants confrontés à la violence du conflit. Elles évoquent les pertes humaines, les familles séparées, les personnes disparues et les populations déplacées, tout en laissant apparaître une remarquable capacité de résistance.

Pour Augustin Favereau, cette exposition constitue également un message adressé au public africain. Elle rappelle, a-t-il poursuivi, l’importance du respect de la souveraineté des États, du droit international et du règlement pacifique des différends, tout en réaffirmant l’attachement de l’Europe à ces principes.

« L’Ukraine est aujourd’hui une illustration dramatique des valeurs pour lesquelles les Européens se sont battus au cours de leur histoire », a-t-il affirmé.

L’exposition met également en lumière les conséquences humaines de la guerre, notamment le sort des civils victimes des bombardements, des personnes disparues et des milliers d’enfants ukrainiens déplacés de force vers les territoires occupés ou vers la Russie.

Justifiant la présentation de l’exposition au Togo, Augustin Favereau a insisté sur les liens entre les aspirations des peuples européens et africains à la liberté, à l’indépendance et à la souveraineté.

Il a estimé que cette initiative culturelle s’inscrivait dans une vision commune fondée sur le respect du droit international, du multilatéralisme, de la diversité culturelle et de la dignité humaine.

« À travers l’Europe, nos partenaires africains, et singulièrement togolais, ont un partenaire fiable qui demeure attaché à ses valeurs », a précisé le diplomate.

En clôturant son intervention, l’ambassadeur de France a salué l’engagement de l’Institut français du Togo dans la promotion des arts et de la culture ainsi que dans le renforcement du dialogue entre les peuples.

Visible à l’Institut français du Togo, l’exposition offre ainsi au public togolais l’occasion de découvrir, à travers le regard d’un artiste majeur de la photographie documentaire européenne, les fragments d’une histoire contemporaine marquée par les combats pour la liberté et la dignité humaine. FIN

Bernadette AYIBE

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