À l’occasion du « One Health Summit » tenu à Lyon (en France), le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a porté un plaidoyer fort : « l’information n’est pas un simple accessoire de la santé publique, c’est une arme de précision contre l’infodémie ».
Retour sur l’intervention de Bouba Sow lors de la table ronde organisée par CFI Médias dans le cadre du « Festival One Health ».
La désinformation, un poison pour l’approche « Une seule santé »
En marge du sommet, le Festival One Health a consacré une table ronde cruciale à un mal invisible mais dévastateur : la désinformation. Scientifiques, journalistes et acteurs de la société civile se sont réunis autour de cette question vitale : « Comment les médias agissent-ils face aux fausses nouvelles ? »
Pour Bouba Sow, chargé des partenariats au REMAPSEN, le constat est sans appel : les mécanismes de manipulation (narratifs complotistes, stratégies de délégitimation de la science) sabotent directement les efforts de l’approche « Une seule santé ». En brouillant les pistes sur les liens entre santé humaine, animale et environnementale, la désinformation met des vies en péril.
La force d’un collectif panafricain
Face à ce défi, M. Sow a exposé le modèle du REMAPSEN comme une réponse structurée et de grande échelle. Sa stratégie repose sur trois piliers fondamentaux : la puissance de la mutualisation, la spécialisation comme un bouclier et le plaidoyer pour des partenariats stratégiques.
Le Conseiller spécial du Président du REMAPSEN a souligné qu’avec plus de 800 médias partenaires répartis dans 40 pays africains, le réseau transforme la lutte contre la désinformation en une riposte coordonnée.
« La force du collectif permet d’harmoniser les messages et de réduire les zones d’ignorance », a-t-il souligné. Cette approche est d’autant plus efficace qu’elle intègre les réalités socioculturelles et les langues locales, garantissant que l’information scientifique atteigne les zones les plus reculées.
Il a précisé qu’outre la lutte contre les Fake news, il faut « saturer l’espace médiatique », de vérités vérifiées. Pour ce faire, le réseau mise sur le renforcement des capacités des journalistes. En spécialisant les reporters sur les enjeux santé-climat-environnement, le réseau crée une communauté d’experts capables de « traiter » et de « vérifier » l’information scientifique avant même que le mensonge ne se propage.
Il souligne par ailleurs, la nécessité de sortir les médias de leur rôle traditionnel car, les journalistes ne doivent pas être de simples « relais », mais des « acteurs à part entière » de la santé publique. Et cela passe par des alliances étroites entre institutions scientifiques, organisations internationales, fondations et médias.
« Être conviés à la table des décideurs »
L’intervention de Bouba Sow a été un appel à une intégration plus accentuée des médias, dans les stratégies mondiales de santé.
« La lutte contre la désinformation doit être collective, professionnelle et appuyée sur des sources fiables », a-t-il martelé, soulignant que cette synergie transversale est l’essence même de l’esprit « One Health ».
En reliant l’information à la santé humaine, animale et environnementale, les médias deviennent des partenaires stratégiques indispensables pour garantir la sécurité sanitaire régionale et internationale.
Notons que le « One Health Summit » s’est tenu du 5 au 7 avril 2026 à Lyon (en France), un sommet inclusif et fédérateur qui vise à accélérer la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé ». Et cette table ronde fait partie des activités logées au cœur du « Festival One Health », qui accompagne le Sommet.
Rappelons que l’approche « One Health » (Une Seule Santé) repose sur un constat depuis longtemps partagé : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont étroitement interdépendantes.
Encadré : Le rôle de CFI Médias
L’organisation de cette table ronde par CFI Médias a permis d’analyser des études de cas concrets où l’intervention médiatique a positivement inversé des tendances de désinformation sur le terrain, prouvant que la vérité, lorsqu’elle est bien outillée, reste le meilleur remède.
CFI Médias est l’agence française de développement des médias, particulièrement investie sur la lutte contre la désinformation en matière de santé et de l’environnement. FIN
Ambroisine MEMEDE