
L’Association des Femmes Chefs d’Entreprise du Togo a officiellement lancé, vendredi à Lomé lors d’une conférence de presse, les festivités de son jubilé d’argent, marquant un quart de siècle d’actions en faveur du leadership économique féminin.
Les festivités du jubilé d’argent de l’association se poursuivront le 16 juin avec une conférence-débat consacrée au thème : « Les entreprises féminines à l’ère du numérique et du digital ».
Elles s’achèveront le 20 juin par une soirée de gala qui rendra hommage aux pionnières, aux anciennes présidentes ainsi qu’aux partenaires ayant contribué, au fil des années, au rayonnement de l’AFCET depuis sa création
Créée en 2001, l’AFCET est née d’une ambition simple mais porteuse : offrir aux femmes chefs d’entreprise un cadre de solidarité, de représentation et d’action sociale. L’association s’est ainsi donnée pour mission de porter leur voix et de les accompagner dans la prise en charge des défis du monde des affaires.
« Leur vision était simple : permettre aux femmes entrepreneures de mieux s’organiser, renforcer leurs capacités, défendre leurs intérêts et contribuer pleinement au développement économique de notre pays. Une vision qui repose sur une conviction profonde, les femmes entrepreneures ne doivent pas être considérées comme de faibles bénéficiaires des politiques de développement, mais comme des actrices majeures de la transformation économique de notre pays », a déclaré Mme Annie Goncalves Gbadoe (présidente de l’AFCET) lors d’une conférence de presse.
L’association a participé à la mise en œuvre d’un programme d’accompagnement et d’accélération de l’entrepreneuriat féminin, doté de plus de 400 millions de francs CFA, et a contribué à l’ouverture d’une ligne de crédit d’un milliard de FCFA destinée aux entreprises dirigées par des femmes.
Selon sa présidente, plusieurs actions ont également été menées en faveur de l’inclusion économique des femmes.
« Nous avons beaucoup fait pour l’entrepreneuriat féminin. Nous avons renforcé notre visibilité, en encourageant l’adhésion des femmes à l’AFCET et en créant de nombreuses opportunités pour elles. Nous continuons à nous battre pour donner davantage de visibilité aux femmes », a martelé Mme Annie Goncalves Gbadoe.
« Les défis restent nombreux, notamment le financement, la conquête de nouveaux marchés, la transformation locale, l’innovation, les exigences environnementales et la compétitivité internationale », a-t-elle poursuivi.
Face à ces enjeux, l’association entend renforcer son rôle de catalyseur de changement et de moteur de croissance inclusive.

« 25 ans après sa création, l’AFCET demeure fidèle à sa mission fondatrice : rassembler les femmes qui entreprennent, les accompagner dans leur croissance et défendre leur place dans le développement économique mondial », a-t-elle ajouté.
L’informel, le principal frein à l’essor des femmes entrepreneurs
Malgré les avancées enregistrées, la présence des femmes dans le secteur informel demeure l’une des principales préoccupations. S’appuyant sur une étude, Mme Candide Lèguèdè, ancienne présidente de l’AFCET (2005-2010), a relevé que les femmes sont présentes dans tous les secteurs d’activité au Togo comme ailleurs.
« Dans les marchés, les femmes représentent environ 80 %. Mais la majorité évolue dans l’informel, ce qui limite leur accès aux grandes industries de capitalisation », a-t-elle indiqué, estimant que cette situation constitue un frein majeur à l’essor de l’entrepreneuriat féminin structuré.
Le défi majeur de l’AFCET, a-t-elle ajouté, reste de favoriser la formalisation des activités économiques des femmes afin de renforcer leur poids dans l’économie nationale.
« Notre défi aujourd’hui avec l’AFCET est de promouvoir un entrepreneuriat féminin plus structuré et plus représentatif sur le plan économique », a souligné Mme Lèguèdè.
Préparer la relève et renforcer la présence nationale
Le renouvellement générationnel figure également parmi les priorités de l’AFCET pour les années à venir. L’association entend renforcer l’intégration des jeunes femmes entrepreneures et accompagner davantage de promotrices d’entreprises vers la formalisation de leurs activités.
Selon Mme Valentine Sama, ancienne présidente de l’AFCET (2021-2025), cette orientation s’inscrit dans une vision à moyen terme visant à consolider les acquis de l’organisation et à assurer sa pérennité.
« Nous allons intégrer davantage de femmes, notamment les jeunes entrepreneures, et les accompagner dans leur développement. La relève doit être assurée », a-t-elle insisté.
Cette stratégie, envisagée sur les cinq prochaines années, a-t-elle mentionné, est essentielle pour renforcer la représentativité de l’association et garantir la continuité de son action en faveur de l’entrepreneuriat féminin. FIN
Rolande Solim ARE