
Ouvert mercredi à Lomé, le dialogue régional de haut niveau sur la prévention des conflits dans le Golfe de Guinée s’est achevé jeudi soir avec l’adoption de cinq recommandations clés et le lancement officiel d’un mécanisme de prévention.
Les partenaires entendent désormais passer de l’engagement à des interventions stratégiques et concrètes pour faire de la prévention un pilier durable de la stabilité régionale.
Le golfe de Guinée englobe cinq pays : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo.
Placée sous le thème « De l’engagement à l’impact ! « , la rencontre a réuni des responsables gouvernementaux, des représentants d’institutions régionales, des Nations Unies et des partenaires au développement autour d’un agenda commun visant à transformer les stratégies de prévention en actions concrètes et durables face aux défis sécuritaires croissants de la région.
Elle est co-organisée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Le Golfe de Guinée fait face à une convergence rapide de menaces multiples. L’extrémisme violent, le crime organisé transnational, la piraterie maritime, les trafics illicites, les conflits agriculteurs-éleveurs exacerbés par les changements climatiques, ainsi que la prolifération des armes légères et de petit calibre, créent un cycle auto-renforçateur d’insécurité qu’aucun pays ne peut affronter seul.
Ce dialogue régional de haut niveau est une plateforme orientée vers la prise de décisions, non un forum de déclarations, mais un espace pour des engagements concrets adossés à une volonté politique affirmée.
Durant deux jours, les participants ont réfléchi sur les mécanismes permettant de faire de la prévention, un pilier central, concret et durable de la stabilité dans le golfe de Guinée, l’objectif étant de structurer une réponse collective, cohérente et durable, afin de faire de la prévention, un levier central de stabilité et de développement dans le golfe de Guinée.
Cinq recommandations clés ont été adoptées à l’issue des travaux. Elles portent notamment sur le « renforcement des approches territoriales et transfrontalières de la prévention », « la promotion d’une approche intégrée », « la réduction des vulnérabilités liées aux économies illicites », ainsi que le « renforcement des systèmes d’analyse des risques, d’alerte précoce et de réponse ».
Les participants ont également insisté sur la nécessité de « renforcer le financement et les partenariats en matière de prévention ».

« Je retiens une grande satisfaction parce que cette rencontre a permis à des acteurs à la fois étatiques, des organisations régionales, de la société civile, du monde universitaire de se rencontrer, d’avoir des regards croisés sur une problématique centrale, une problématique qui est au cœur de préoccupations de nos pays à l’heure actuelle et qui risque de compromettre tous les efforts déployés par nos Etats depuis des décennies pour assurer la paix, la tranquillité sociale, la cohésion, la construction nationale et bien entendu le développement économique et social pour nos populations », a confié Prof Vincent Zakarie (participant du Burkina Faso).
Pour ce dernier, la rencontre a permis d’approfondir l’analyse des multiples menaces, souvent interconnectées, qui fragilisent les pays du golfe de Guinée et compromettent leurs efforts de développement. Les participants ont également identifié des pistes d’action prioritaires pour prévenir les crises et consolider la stabilité régionale.
Abondant dans le même sens, Ibouraima Yankpe Gbere (bureau du PNUD au Bénin), a mis en lumière trois défis majeurs auxquels fait face la région.
Il a notamment évoqué les « effets de débordement » de la menace terroriste du Sahel vers les pays côtiers du golfe de Guinée, les difficultés liées à la gouvernance des ressources ainsi que les défis de la coopération régionale.
Selon lui, les États doivent renforcer leur collaboration et développer une « diplomatie offensive » pour faire face efficacement à ces menaces.
« Les pays ont besoin de coopérer davantage afin de venir à bout de ce fléau », a-t-il souligné.

Au cours de la rencontre, les acteurs ont participé à des tables rondes ciblées sur la sécurité transfrontalière, la résilience économique et le développement de communautés résilientes face à l’extrémisme et à la violence.
À l’issue des travaux, un document de synthèse reprenant les principales conclusions et recommandations de la rencontre a été remis aux représentants des pays du golfe de Guinée. FIN
Chrystelle MENSAH