
« La Fondation Gates s’engage à verser une première tranche de 15 millions de dollars en financement d’urgence » pour soutenir la stratégie « Un plan, un budget, une équipe » adoptée par les partenaires africains de la riposte à l’épidémie d’Ebola de Bundibugyo, qui sévit en RDC et en Ouganda, annonce un communiqué de la Fondation rendu public le samedi 23 mai 2026.
« Un plan, un budget, une équipe » est une approche stratégique de gestion de crise, popularisée notamment par le Center for Strategic & International Studies (CSIS) pour souligner la réussite de la riposte de la République Démocratique du Congo (RDC) face à ses récentes épidémies d’Ebola. Elle est axée sur un confinement rapide et une coordination opérationnelle efficace.
Selon la Fondation, cette intervention se fera par l’intermédiaire d’institutions de confiance déjà présentes sur le terrain et elle vise à acheminer la majeure partie des ressources au plus près des pays et des communautés touchés.
« 5 millions de dollars au CDC Afrique pour la coordination régionale, le déploiement rapide et la surveillance transfrontalière, 5 millions de dollars à l’OMS AFRO pour le soutien opérationnel de première ligne aux pays, et 5 millions de dollars au siège de l’OMS pour soutenir l’approvisionnement rapide, les diagnostics et la logistique d’urgence en produits de première nécessité », souligne le texte.
« Aucun pays ni aucune institution ne peut, à lui seul, contenir une épidémie, surtout en cas de risque de propagation transfrontalière », souligne la Fondation Gates, préoccupée par cette crise.
Dr Jean Kaseya (Directeur général de l’agence sanitaire de l’Union africaine, CDC Africa), a affirmé samedi lors d’une conférence de presse que dix pays d’Afrique centrale risquent d’être touchés à leur tour par l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola, après RDC (épicentre de la flambée actuelle) et l’Ouganda, où trois nouveaux cas ont été confirmés samedi.
Ces pays sont le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Ethiopie, le Congo, le Burundi, l’Angola, la Centrafrique et la Zambie.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment déclenché une alerte sanitaire internationale pour faire face à la flambée d’Ebola en RDC, vaste pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants en proie aux conflits, où l’épidémie « se propage rapidement ».
Quelque 750 cas suspects d’infection au virus Ebola y ont déjà été signalés ainsi que 177 décès suspects. Au total, 82 cas et sept décès liés à Ebola ont été confirmés pour le moment, a affirmé l’OMS.
La Croix-Rouge a également annoncé samedi le décès de trois volontaires en RDC, présumés morts après avoir contracté le virus Ebola alors qu’ils étaient en service fin mars dans la province de l’Ituri (nord-est), foyer de l’épidémie.
« Nos pensées vont aux familles endeuillées, aux communautés confrontées à l’incertitude, ainsi qu’aux personnels de santé en première ligne, aux équipes de laboratoire, aux secouristes et aux bénévoles communautaires qui œuvrent dans des conditions extrêmement difficiles pour sauver des vies », ajoute la fondation.
Elle a souligné qu’en cas d’épidémie, chaque jour compte. Une coordination précoce et une action rapide sont essentielles pour contenir la situation et éviter une propagation régionale plus importante.
« Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec les gouvernements, le CDC Afrique, l’OMS et d’autres partenaires afin de suivre l’évolution de la situation et d’évaluer les besoins en soutien supplémentaire dans les semaines à venir », précise la Fondation Gates. FIN
Ambroisine MEMEDE