
Nathaniel Olympio, porte-parole du front « Touche pas à ma constitution »
L’opposition togolaise a vivement contesté, mardi 28 juillet 2026, la réaction du gouvernement à l’arrêt rendu par la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), la qualifiant de « fuite en avant ».
Dans un arrêt rendu en janvier dernier, la Cour a estimé que « la modification constitutionnelle adoptée le 25 mars 2024, compte tenu de son calendrier, de son contenu et de ses effets escomptés, viole l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, et constitue un changement inconstitutionnel de gouvernement au sens de cette disposition ».
La juridiction ouest-africaine « n’a aucune compétence de contrôle de constitutionnalité du droit interne, ni un titre à juger un pouvoir constituant national », a rétorqué le gouvernement dans une réaction obtenue par l’Agence savoir News.
Selon les autorités togolaises, les compétences de la Cour « sont limitées au contrôle du respect des droits de l’homme et de contrôle des manquements au droit communautaire ».
Cependant, souligne le gouvernement, « il est utile de mentionner une tentative de la Cour d’outrepasser ses compétences ».
Cette déclaration du gouvernement « est incontestablement une fuite en avant qui traduit le profond désarroi d’un pouvoir déstabilisé par l’arrêt de la Cour de Justice de la Cédéao », ont réagi trois regroupements de partis politiques de l’opposition et d’organisation de la société civile.
« En confirmant que le changement de Constitution est +inconstitutionnel+, la Cour a frappé d’un sceau judiciaire l’illégalité et l’illégitimité du pouvoir de Lomé. Dès lors, aux yeux de la communauté internationale le régime togolais devient donc un paria », ont-ils affirmé.
Ils appellent par ailleurs la population à rester « mobilisée » et à demeurer à l’écoute des prochaines orientations : « l’heure de la mobilisation générale approche à grands pas ». FIN
Edem Etonam EKUE