
Des sénateurs ont participé du 20 au 22 mai à Kpalimé (environ 120 km au nord de Lomé), à un atelier d’échanges sur les Droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR), en vue de contribuer à l’amélioration du cadre légal au Togo.
La rencontre a regroupé des parlementaires, des responsables du ministère de la Santé, des magistrats, des juristes, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers autour des enjeux liés à la santé reproductive, à la réduction de la mortalité maternelle et à l’accès équitable aux services de santé.
Ce rendez-vous est initié par la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME), avec l’appui de Ipas Afrique francophone et d’autres partenaires tels que l’ATBEF et la Société des gynécologues obstétriciens du Togo (SGOT).
Il a permis de renforcer la compréhension des enjeux liés aux DSSR et à favoriser une meilleure appropriation des engagements nationaux et internationaux du Togo, notamment le protocole de Maputo ratifié en 2005.

Les assises ont permis aussi de présenter la situation des DSSR au Togo et dans le monde, de faire connaître les engagements du Togo, notamment le Protocole de Maputo, de favoriser des échanges constructifs sur les réalités sociales et sanitaires et d’encourager des initiatives parlementaires favorables à l’amélioration du cadre légal et de l’accès aux services de santé reproductive.
Les échanges ont porté notamment sur la nécessité d’actualiser le cadre juridique national relatif à la santé de la reproduction, adopté en 2007 afin de l’adapter aux réalités sanitaires, sociales et démographiques actuelles.
Selon les données présentées au cours des travaux, le ratio de mortalité maternelle est estimé à environ 366 décès pour 100.000 naissances vivantes, alors que les Objectifs de développement durable (ODD) fixent une cible inférieure à 70 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes d’ici 2030.
« Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, le Togo continue de faire face à une mortalité maternelle encore préoccupante. Les complications liées aux avortements non sécurisés figurent parmi les causes importantes d’hospitalisation et de décès maternels », a déclaré l’un des organisateurs.
Les participants sont également appelés à réfléchir sur les défis liés à l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, notamment les insuffisances réglementaires, les contraintes logistiques, le déficit d’infrastructures sanitaires et les difficultés d’accès aux services adaptés pour les femmes, les adolescentes et les groupes vulnérables.
L’atelier a débouché sur des recommandations destinées à soutenir les réformes législatives et institutionnelles en matière de santé reproductive au Togo. Les initiateurs souhaitent également renforcer l’implication des parlementaires dans les questions liées aux DSSR, à travers leur rôle dans l’élaboration et le suivi des lois.
La directrice exécutive de l’Association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF), Noélie Koevi-Koudam, a estimé qu’il devient nécessaire de relire et de mettre à jour la loi sur la santé de la reproduction afin de mieux répondre aux nouveaux défis auxquels le pays est confronté.
La responsable de l’ATBEF a rappelé que ces situations ne sont pas seulement des statistiques, malheureusement, précisant qu’elles traduisent des parcours de détresse vécus par des femmes, des adolescents et des familles, souvent confrontés au silence, à la stigmatisation, à l’insuffisance d’informations fiables, aux violences sexuelles, aux barrières économiques ou encore à l’accès aux services adaptés.
Au nom de Ipas Afrique francophone, le conseiller régional en politique et plaidoyer, Aboudou Soro, a relevé que la mortalité maternelle demeure une préoccupation majeure en Afrique de l’Ouest. Il a indiqué qu’une part importante des décès est liée aux hémorragies résultant d’avortements pratiqués dans des conditions non sécurisées.
La cheffe division Santé maternelle, infantile et de la planification familiale (SMIPF) au ministère de la Santé, Dr. Makilioubè Tchandana, a rappelé les réformes engagées par le gouvernement togolais en faveur de la santé de la mère et de l’enfant, notamment la campagne d’accélération de la réduction de la mortalité maternelle, la subvention de la césarienne et l’assurance maladie universelle.

Elle a toutefois souligné que les progrès réalisés restent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030. Selon elle, l’absence de textes d’application clairs et adaptés entraîne parfois des difficultés dans l’offre des services de santé reproductive.
Mme Tchandana a invité les sénateurs à jouer pleinement leur rôle dans l’amélioration du cadre législatif afin de favoriser un environnement plus protecteur et plus favorable à l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive au bénéfice des populations. FIN
De Kpalimé, Alex Adouh