
Le président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, a appelé lundi à Lomé à bâtir un écosystème aérien africain « robuste et compétitif », à l’ouverture des travaux de la première Convention et Exposition africaines du transport aérien 2026.
L’événement a réuni plusieurs personnalités de premier plan, dont le Président rwandais Paul Kagame, l’ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo, les présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement, ainsi que des ministres des Transports africains.
Y ont également pris part des représentants de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), du Conseil international des aéroports – Afrique (ACI Afrique) et de l’Association du transport aérien international (IATA), ainsi que des acteurs du secteur aérien et des compagnies aériennes.
Des acteurs du transport aérien, des responsables institutionnels et des experts du secteur venus d’Afrique et d’ailleurs, prennent part aux assises de Lomé qui visent à promouvoir l’intégration et le développement d’une aviation africaine plus compétitive et mieux connectée.
Cette rencontre de cinq jours s’inscrit dans la dynamique d’accélération de la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA) et dans la volonté de renforcer l’intégration continentale portée par l’Union africaine.

Le président du Conseil a souligné l’importance de cette première Convention, dont l’ambition est de faire du ciel africain un espace plus ouvert, plus accessible, plus compétitif et davantage au service de la transformation des économies nationales.
Convaincu que l’avenir du continent repose sur un espace aérien africain plus performant, il a partagé avec l’assistance plusieurs convictions.
Passer de l’engagement politique à la réalité opérationnelle
Il a d’abord insisté sur la nécessité de traduire les engagements politiques en résultats concrets, appelant les États africains à accélérer l’harmonisation de leurs politiques aériennes et à renforcer la coopération entre les acteurs du secteur.
« Le Marché unique du transport aérien africain doit entrer dans une phase plus concrète. Il faut aligner les accords de services aériens, faciliter l’ouverture effective des routes, mieux utiliser les droits de trafic et développer des corridors prioritaires », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’intégration aérienne du continent ne pourra devenir effective qu’à travers des décisions opérationnelles capables de rapprocher les économies africaines et de fluidifier les échanges.
La deuxième conviction porte sur l’accessibilité et la compétitivité du transport aérien. Faure Gnassingbé a estimé que l’ouverture du ciel africain ne produira pas tous ses effets si les coûts restent élevés et si les contraintes administratives freinent encore la mobilité.

Cette ambition implique, selon lui, des infrastructures modernes, des compagnies performantes, le développement des compétences techniques ainsi que l’intégration des exigences environnementales dans les projets du secteur.
« Une aviation africaine compétitive doit reposer sur un écosystème robuste. Elle suppose des aéroports modernes, des compagnies solides, des capacités de maintenance, des services d’assistance au sol efficaces, des systèmes numériques fiables et des cadres réglementaires clairs », a-t-il affirmé.
Selon le président du Conseil, ces contraintes constituent un frein à la mobilité des entrepreneurs, des étudiants, des touristes et des investisseurs. Il a, à cet effet, plaidé pour une plus grande transparence dans la fixation des taxes et des redevances appliquées au secteur, ainsi que pour une simplification des procédures de voyage et de transport des marchandises.
Abordant la question du développement économique, Faure Gnassingbé a insisté sur le rôle stratégique du transport aérien dans la transformation du continent. Il a notamment mis en avant le potentiel du fret aérien comme levier de soutien à des secteurs socioéconomiques stratégiques.
« Nous parlons souvent de l’aviation à travers le transport des passagers. Mais l’aviation est aussi une infrastructure économique. Elle peut soutenir l’agriculture, l’industrie, la santé, le commerce numérique, les exportations à forte valeur ajoutée et les chaînes de valeur régionales. Le fret aérien doit donc occuper une place plus importante dans nos stratégies logistiques. C’est ici que le lien avec la Zone de libre-échange continentale africaine est essentiel », a-t-il indiqué.
Le président du Conseil a, par ailleurs, souligné que la connectivité aérienne doit être pensée dans une approche intégrée, associant également les infrastructures routières, ferroviaires et maritimes, afin de renforcer la compétitivité des économies africaines.
‘L’aviation civile, une filière productive’
Le dirigeant togolais a également souligné la nécessité de bâtir une industrie aéronautique africaine plus solide, capable de réduire la dépendance extérieure et de renforcer la souveraineté technologique du continent.
« Un ciel africain unique n’est pas seulement un projet d’aviation. C’est un projet d’intégration, de développement et de souveraineté », a-t-il souligné.
Il a, à cet effet, invité les États africains à considérer l’aviation civile comme une filière productive, susceptible de créer des emplois qualifiés, de développer des savoir-faire techniques, d’attirer des investissements et d’offrir à la jeunesse des perspectives dans des métiers d’avenir.
Le président du Conseil a également appelé à intégrer les exigences environnementales et de durabilité dans les stratégies de développement du transport aérien sur le continent.
Dans la même dynamique, l’ancien président nigérian a salué les progrès réalisés ces dernières années sous le leadership du président du Conseil, en sa qualité de Champion du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), notamment en matière d’ouverture du ciel africain et de régulation du secteur.

« Des avancées importantes ont été enregistrées en matière d’ouverture du ciel africain et de réglementation du transport aérien. Avec l’appui de toutes les institutions concernées, nous devons accélérer le mouvement », a-t-il apprécié.
La représentante du président de la Commission de l’Union africaine ainsi que le président de la Commission africaine de l’aviation civile ont également salué le leadership du président du Conseil dans la promotion et le développement du transport aérien africain.
Ces hommages se sont matérialisés par la remise d’un prix au Président Faure Essozimna Gnassingbé, en reconnaissance de son engagement en faveur de l’intégration aérienne du continent. FIN
Savoir News