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Togo : l’agroécologie au centre d’un forum sur la transformation des systèmes alimentaires à Lomé

La première édition du Forum national sur l’agroécologie et l’agriculture biologique (FNAAB) s’est ouverte mardi à Lomé, avec l’ambition de promouvoir ces approches comme des leviers de transformation durable des systèmes alimentaires au Togo, confronté à de multiples défis agricoles.

Placée sous le thème « L’agroécologie et l’agriculture biologique comme leviers de la transformation des systèmes alimentaires », la rencontre réunit des acteurs publics, privés, des organisations paysannes ainsi que des partenaires techniques et financiers, dans une dynamique de dialogue, de mobilisation et de co-construction.

Pilier de l’économie togolaise, le secteur agricole représente environ 20% du produit intérieur brut (PIB) et mobilise plus de 60 % de la population active. Il reste toutefois confronté à des contraintes persistantes, notamment la dégradation des sols, la variabilité climatique, la dépendance aux intrants chimiques ainsi que des difficultés d’accès aux financements et aux marchés.

Dans son intervention, le président du comité d’organisation, Dr Combey Anani, a insisté sur la portée de l’événement.

« Le forum national de l’agroécologie et de l’agriculture biologique n’est pas un évènement de plus. Il marque une étape décisive dans notre engagement collectif pour la transformation des systèmes alimentaires durables », a-t-il précisé.

Revenant sur l’origine de cette initiative, il a rappelé que « l’engagement des acteurs du Togo dans ces sous-secteurs date de plus de 30 ans », avec une relance notable depuis 2014.

Selon lui, le forum repose sur trois leviers : historique, organisationnel et stratégique, et surtout les défis du secteur.

« Nous sommes conscients des défis fonciers, de la dégradation des sols, de la variabilité climatique, de la dépendance aux intrants chimiques, ainsi que des difficultés d’accès aux marchés et aux financements », a-t-il souligné.

Dr Combey a également tenu à clarifier la complémentarité entre les deux approches : « On oppose souvent l’agroécologie et l’agriculture biologique, alors que les deux se complètent mutuellement. L’agroécologie transforme les systèmes agricoles et l’agriculture biologique structure les marchés ».

Et de conclure: « Notre objectif est de construire une convergence stratégique pour que l’agroécologie soit le socle de la transition et que l’agriculture biologique devienne un levier économique accessible ».

Prenant la parole au nom de l’ambassadeur d’Allemagne au Togo, Vincent Fremondière a salué les efforts du pays : « Le choix du Togo d’orienter son agriculture vers des systèmes durables est une décision stratégique et visionnaire ».

Il a rappelé que ce forum intervient dans un contexte où l’agriculture reste centrale mais fragile : « Elle fait face à des défis majeurs comme la dégradation des sols, le changement climatique, la volatilité des marchés et l’accès limité au financement ».

L’Allemagne, a-t-il assuré, reste engagée aux côtés du Togo.

« L’agroécologie et l’agriculture biologique ne sont pas une option, mais une nécessité pour l’avenir », a affirmé Vincent Fremondière.

Ouvrant les travaux, le directeur de la production agricole au ministère de l’Agriculture, de la pêche, des ressources animales et de la souveraineté alimentaire (MAPRASA), Djifa Kossi Hounkanli a dressé un état des lieux sans détour : « L’agriculture constitue le principal moyen de subsistance pour plus de 65% de notre population et contribue à près de 22,8% du PIB ».

Malgré des avancées, il reconnaît des limites persistantes : « Notre agriculture fait face à un faible rendement, à une forte vulnérabilité climatique, à un accès limité aux financements et à des difficultés d’accès aux marchés ».

Face à ces défis, il pose une question centrale : « Devons-nous continuer à produire de la même manière ? »

Pour lui, la solution passe par une transformation profonde : « L’agroécologie et l’agriculture biologique ne doivent pas être des approches marginales, mais des réponses concrètes aux limites de nos systèmes actuels ».

Il appelle ainsi à des résultats concrets : « Nous attendons des engagements clairs, des solutions pour l’accès aux marchés, des mécanismes de financement adaptés et une feuille de route nationale opérationnelle ».

Au-delà des discours, le FNAAB 2026 se veut un cadre d’actions concrètes. « Ce forum doit marquer un tournant décisif », a martelé Djifa Kossi Hounkanli.

Pendant trois jours, les participants prendront part à des conférences-débats, panels de haut niveau, expositions et sessions dédiées aux jeunes et aux femmes.

Au cours de cette rencontre, acteurs publics, privés et partenaires échangeront sur les solutions pour transformer durablement les systèmes alimentaires au Togo.

L’événement servira également de vitrine pour les produits agroécologiques et biologiques togolais, encore peu consommés localement, avec l’ambition de stimuler leur promotion et leur accès au marché.

À travers cette initiative, le Togo affiche clairement son ambition : faire de l’agroécologie et de l’agriculture biologique des piliers d’un système alimentaire plus durable, inclusif et résilient. FIN

Bernadette AYIBE

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