Des représentants de 24 pays africains prennent part depuis le mardi 31 mars 2026 à Casablanca (Maroc), à un atelier de trois jours consacrés au financement de la biodiversité, à quelques mois de la COP17.
La COP17 sur la biodiversité se tiendra du 18 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie. Cet événement crucial évaluera les progrès du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adoptés en 2022, pour enrayer la perte de nature d’ici 2030, incluant la première revue mondiale des engagements nationaux.
Organisée par l’initiative BIOFIN du PNUD, l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), la rencontre de Casablanca réunit des pays riches en biodiversité, mais confrontés à de fortes contraintes financières.
Du bassin du Congo à Madagascar, en passant par les forêts guinéennes d’Afrique de l’Ouest, les écosystèmes africains comptent parmi les plus riches au monde. Pourtant, leur préservation reste un défi majeur faute de financements suffisants.
Face à cette situation, les participants entendent renforcer leurs stratégies nationales.
« Le Maroc est pleinement engagé à intégrer la biodiversité dans les politiques publiques et les mécanismes financiers, notamment à travers l’élaboration de son Plan national de financement de la biodiversité », a déclaré Bouzekri Razi, secrétaire général au ministère marocain de la Transition énergétique et du Développement durable.
« Renforcer les synergies entre le financement de la lutte contre le changement climatique et celui de la biodiversité est un levier essentiel pour accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial », a-t-il ajouté.
Au cœur des échanges : les plans nationaux de financement de la biodiversité. Ces outils permettent d’évaluer les besoins, d’orienter les dépenses publiques et d’attirer des investissements privés.
« La biodiversité et les services écosystémiques sont reconnus comme le fondement de nos économies, de notre sécurité alimentaire, de notre résilience climatique et du bien-être de nos populations », a souligné Noëlla Richard, représentante résidente adjointe du PNUD au Maroc.
Une feuille de route opérationnelle adaptée à chaque pays
« Notre ambition commune est désormais claire : aider chaque pays à élaborer une feuille de route opérationnelle, adaptée à son contexte national, afin de combler le déficit de financement en faveur de la nature », a-t-elle précisé.
Les résultats déjà enregistrés encouragent les acteurs. Depuis 2018, plus de 2,7 milliards de dollars ont été mobilisés dans 41 pays grâce à BIOFIN.
« Nous sommes à un tournant », a affirmé Mariana Bellot, responsable du programme mondial pour la finance de la biodiversité du PNUD.
« Les solutions mises en œuvre ont permis de mobiliser 2,7 milliards de dollars. Avec 91 pays supplémentaires soutenus, nous posons les bases d’une initiative d’une ampleur bien plus grande », a-t-elle expliqué.
Selon elle, « à mesure que les pays passent de la planification à la mise en œuvre, la possibilité de combler le déficit de financement devient plus réelle que jamais ».
Même engagement du côté de l’IFDD.
« À travers cet atelier, nous réaffirmons notre engagement à aider les États à mobiliser des financements crédibles et structurés, adaptés aux défis liés à la biodiversité », a indiqué Cécile Martin-Phipps, directrice de l’institution.
À quelques mois de la COP17 sur la biodiversité, les attentes sont élevées. Les pays devront démontrer des résultats concrets : stratégies actualisées, mécanismes de financement efficaces et impacts mesurables.
Le défi est immense. Le cadre mondial adopté en 2022 prévoit notamment de protéger 30 % des terres et des océans d’ici 2030 et de combler un déficit de financement estimé à plus de 700 milliards de dollars par an.
Durant trois jours, les délégués travailleront sur la méthodologie BIOFIN, qui repose sur quatre étapes : analyse des politiques, évaluation des dépenses, estimation des besoins et élaboration de plans de financement adaptés à chaque pays.
Les échanges d’expériences entre pays sont également au cœur des travaux, permettant de partager les réussites et les difficultés rencontrées.
À l’issue de l’atelier, les participants devraient repartir avec des capacités renforcées, des outils concrets et les bases d’un réseau francophone durable pour le financement de la biodiversité.
Dans un contexte de pression croissante sur les ressources naturelles, notamment dans le bassin du Congo, cette rencontre apparaît comme une étape clé pour transformer les engagements en actions concrètes. FIN
Bernadette AYIBE (Source: www.agroclimatique.tg)
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