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Togo : « L’ANC n’a jamais viré de bord », martèle Jean Pierre Fabre

« L’ANC n’a jamais viré de bord », a martelé samedi 10 octobre 2026 à Lomé, le président de l’Alliance Nationale pour le changement (ANC) Jean Pierre Fabre, lors de la célébration du 16ème anniversaire de création de ladite formation politique.

« L’ANC n’a jamais renoncé à son identité politique ni à ses principes fondamentaux ni à ses objectifs statutaires : l’alternance et le changement démocratiques auxquels aspire le peuple togolais. C’est aussi cette fidélité que nous célébrons aujourd’hui avec fierté, avec gratitude et reconnaissance », a-t-il souligné.

L’ANC, l’un des principaux partis politiques de l’opposition togolaise, a été créée le 10 octobre 2010 par des cadres et militants de l’Union des forces de changement (UFC) ayant quitté ce parti à la suite d’un accord de partage du pouvoir conclu entre les responsables de l’UFC et le parti au pouvoir.

Dans son intervention, Jean-Pierre Fabre a réaffirmé l’attachement de son parti à son autonomie politique, tout en soulignant sa volonté de nouer des alliances avec d’autres formations pour défendre des positions communes.

« L’ANC est toujours restée fidèle à sa doctrine : préserver son identité et sa vision qu’elle veut indépendantes et souveraines même si en des circonstances légitimes elle n’hésite pas à adhérer à un regroupement ou à un cadre bilatéral ou multilatéral, en vue de défendre ou de soutenir des actions ou des positions politiques communes en faveur de la lutte de libération du peuple togolais », a précisé M.Fabre.

Il a également rendu hommage aux militants du parti pour leur engagement et leur fidélité aux idéaux du parti.

Abordant les difficultés rencontrées par l’ANC depuis sa création, M. Fabre a dénoncé un environnement politique qu’il juge « hostile, marqué par des entraves, des harcèlements, des menaces et des violences visant les responsables, militants et sympathisants de l’ANC ».

« Les manifestations pacifiques, marches, meetings et autres actions politiques destinées à défendre les libertés publiques, à dénoncer la vie chère, la mauvaise gouvernance et les dérives institutionnelles […] demeurent encadrés par des lois scélérates et sont abusivement réprimés », a-t-il déclaré.

Le président de l’ANC a également évoqué les divisions, les controverses et les difficultés qui ont jalonné le parcours du parti politique.

« Notre Parti a connu des moments difficiles. Nous avons été l’objet de cabales injustes, de campagnes de dénigrement, de tentatives d’affaiblissement voire de déstabilisation », a-t-il affirmé, avant de saluer la persévérance des militants.

« Mais, face à chaque épreuve, nos militants ont continué à faire vivre le parti et ses structures centrales et fédérales », a-t-il souligné.

Abordant la réforme constitutionnelle de 2024, M.Fabre a réitéré les critiques de l’ANC à l’égard du changement de régime politique intervenu au Togo.

« Cette réforme constitutionnelle de 2024 a transformé l’architecture institutionnelle du pays en liquidant le régime de 1992 pour un système dit parlementaire et en créant la fonction de Président du Conseil exercée par Faure Gnassingbé », a-t-il déclaré.

« Cette réforme, fortement contestée par l’ANC et par une partie de l’opposition, a été portée devant la Cour de justice de la CEDEAO, dont une décision rendue publique en juin 2026, a estimé que le changement constitutionnel intervenu au Togo en 2024 viole certains principes démocratiques de la Communauté et constitue un +changement anticonstitutionnel de gouvernement+ ».

Pour lui, « le débat démocratique doit rester ouvert et fondé sur les textes, sur les faits, sur le droit et sur la volonté des citoyens ».

Fin juillet, le gouvernement togolais avait déjà réagi à l’arrêt de la Cour de justice de la Cédéao, contestant la compétence de la Cour pour se prononcer sur la constitutionnalité du droit interne.

La Cour « n’a aucune compétence de contrôle de constitutionnalité du droit interne, ni un titre à juger un pouvoir constituant national », avaient estimé les autorités togolaises.

Le gouvernement avait également dénoncé « une tentative de la Cour d’outrepasser ses compétences », celles-ci étant, selon lui, limitées « au contrôle du respect des droits de l’homme et au contrôle des manquements au droit communautaire ». FIN

Junior AUREL

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