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Agriculture et IA : à Lomé, les participants saluent les acquis et plaident pour davantage de pratique

Les participants à l’atelier régional consacré à l’information agricole à l’heure de l’intelligence artificielle (IA) ont salué, jeudi à Lomé, les acquis de deux jours de formation et appelé à davantage de sessions pratiques pour mieux maîtriser les outils d’IA appliqués au journalisme agricole.

Organisé à l’intention des journalistes membres du Réseau des Journalistes pour la Promotion des Systèmes Agro-Sylvo-Pastoraux et Halieutiques en Afrique de l’Ouest et au Sahel (ReJPAH-AOS), l’atelier a permis aux participants de mieux comprendre les opportunités, les limites et les enjeux liés à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle dans le traitement de l’information agricole.

Initiée par le ReJPAH-AOS, en collaboration avec la Fédération internationale des journalistes agricoles (IFAJ), la formation visait à renforcer les capacités des professionnels des médias face aux transformations numériques du secteur agricole. Les échanges ont notamment porté sur l’utilisation de l’IA dans la recherche, le traitement, la vérification et la diffusion de l’information.

Pour Elsie Blagogee, journaliste à Isis Media et Linterview au Togo, la formation a été « très enrichissante », notamment grâce à la diversité des intervenants et à la clarté des présentations. Elle estime que le sujet est particulièrement pertinent pour les journalistes agricoles et suggère davantage de cas pratiques adaptés aux réalités locales.

Même appréciation du côté de Tidiane Bamadio, journaliste au journal Le Hogon au Mali et secrétaire général chargé du plaidoyer et des partenariats du ReJPAH-AOS. Il retient surtout les échanges entre journalistes venus de différents pays africains et le partage d’expériences autour des réalités du métier.

Selon lui, l’IA transforme déjà plusieurs étapes du travail journalistique, notamment la recherche d’informations, le traitement des données, la production de contenus, la traduction et la vérification.

Pour Tidiane Bamadio, l’une des principales leçons de la formation est que « l’intelligence artificielle doit rester un outil au service du journaliste et non remplacer son jugement professionnel ».

Il appelle ainsi à maintenir la vérification des sources, l’éthique, la responsabilité éditoriale et la rigueur au centre du travail journalistique.

« Que ces formations soient organisées régulièrement, avec davantage d’exercices pratiques », a-t-il souhaité.

Sivon Akoele Lawson, journaliste-reporter au Togo, note également l’intérêt de l’IA pour le secteur agricole. Elle estime que ces outils peuvent faciliter l’accès à l’information, l’analyse des données, l’anticipation des risques climatiques et la vulgarisation des informations destinées aux producteurs.

Elle appelle toutefois les journalistes à rester vigilants face aux risques de désinformation et aux erreurs que peuvent produire certains outils.

La journaliste considère que l’IA peut également contribuer à rendre l’agriculture plus résiliente et plus productive face aux changements climatiques et aux difficultés rencontrées par les agriculteurs et les éleveurs en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Elle recommande davantage de formations pratiques consacrées aux outils directement utilisables dans le journalisme agricole.

Mariam Ouattara, journaliste au Burkina Faso, partage cette nécessité de renforcer la dimension pratique de ces formations. Elle estime que l’IA permet notamment aux journalistes de gagner du temps et d’optimiser certaines tâches.

Mais son utilisation, souligne-t-elle, doit être accompagnée de « rigueur, d’esprit critique et d’une vérification systématique des informations et des sources ».

Elle propose ainsi de prolonger la durée de ce type de formation afin de permettre aux participants de mieux prendre en main les différents outils.

L’IA comme outil, pas comme remplacement du journaliste

La cérémonie de clôture a également été l’occasion de rappeler les responsabilités qui accompagnent l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le journalisme agricole.

Au nom du président du ReJPAH-AOS, empêché, Patrick Blandé a remercié les participants et les partenaires ayant contribué à la tenue de l’atelier.

Il a estimé que les différentes communications ont permis aux journalistes de repartir avec des connaissances et des outils susceptibles de renforcer leur travail dans les rédactions.

« Nous avons des éléments assez sûrs. Nous pourrons avoir un langage qui puisse nous permettre de faire des papiers et également véhiculer l’information comme il se doit », a-t-il déclaré, avant d’appeler à la poursuite de ce type d’initiative au profit des journalistes agricoles de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.

De son côté, Adrian Bell, secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes agricoles (IFAJ), s’est réjoui de la participation et de l’intérêt manifesté par les journalistes pour les outils d’IA.

Il a insisté sur la nécessité de transformer les connaissances acquises pendant la formation en pratiques concrètes sur le terrain.

Pour lui, les journalistes doivent garder le contrôle dans l’utilisation de ces technologies.

« Les IA sont des machines et c’est les humains qui devront prendre contrôle de ces machines-là pour pouvoir donner des rendus équitables », a-t-il souligné.

Adrian Bell a également insisté sur l’importance de confronter les informations produites par les outils d’IA aux faits et aux sources fiables, une exigence d’autant plus importante dans le domaine agricole, où une information erronée ou une désinformation peut avoir des conséquences importantes pour les producteurs et les autres acteurs du secteur.

La clôture de cet atelier aura ainsi permis de dégager une conviction largement partagée : l’intelligence artificielle offre de nouvelles possibilités au journalisme agricole, mais elle ne dispense pas le journaliste de son rôle.

La vérification, l’esprit critique, l’éthique et le jugement professionnel restent indispensables pour produire une information agricole fiable et utile aux populations. FIN

Bernadette AYIBE (Source: www.agroclimatique.tg)

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