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Togo : les aires protégées, un rempart contre les effets du changement climatique

Le Togo, avec ses plus de 56.000 km² de superficie, dispose d’une biodiversité riche et diversifiée qui constitue un patrimoine naturel à préserver. Parmi les ressources relevant du domaine de l’État figurent les aires protégées, des espaces dédiés à la conservation de la biodiversité et à la protection des écosystèmes fragiles.

Composées notamment de parcs nationaux, de réserves de faune et de forêts classées, ces zones jouent un rôle majeur dans le maintien de l’équilibre écologique et contribuent aux efforts d’adaptation face aux effets du changement climatique.

De 1937 à la fin des années 1980, le Togo comptait 83 sites d’aires protégées couvrant une superficie totale de 793 288 hectares, soit environ 14 % du territoire terrestre national. Ces espaces étaient répartis sur l’ensemble du pays, avec 8 sites dans la région Maritime, 31 dans la région des Plateaux, 14 dans la région Centrale, 22 dans la région de la Kara et 8 dans la région des Savanes.

Ces aires protégées ont été créées avec des règles spécifiques de gestion visant à assurer la conservation durable des ressources naturelles et la préservation des écosystèmes.

Leur protection est encadrée par plusieurs textes législatifs et réglementaires, notamment le code forestier de 2008 et le code pénal de 2015.

Ainsi, l’exploitation illégale des ressources naturelles, la coupe de bois, la chasse ou encore l’installation sans autorisation dans ces espaces constituent des infractions passibles de sanctions conformément aux dispositions en vigueur.

Des menaces multiples

Malgré leur importance écologique, plusieurs aires protégées du Togo connaissent aujourd’hui des situations préoccupantes, allant d’une occupation partielle à un envahissement complet de leurs espaces. Ces patrimoines naturels sont confrontés à de nombreuses pressions, notamment le braconnage, l’empiètement agricole, le pâturage incontrôlé, les feux de végétation, l’exploitation non durable des ressources naturelles, les effets du changement climatique, ainsi que l’installation progressive de hameaux d’habitation.

Face à ces défis, l’Office national des aires protégées (ONAP) occupe une place centrale dans la nouvelle dynamique de réformes engagées dans le secteur. L’institution a pour mission d’assurer la conservation, la restauration, la gestion durable et la valorisation des espèces naturelles et des écosystèmes.

Une mobilisation accrue pour préserver les aires protégées

Face à ces défis, le ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, avec l’appui du gouvernement, déploie le Programme d’appui à la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité et l’agroécologie (PALCC+/INCLURE). Soutenu par l’Union européenne et le Grand-Duché de Luxembourg, ce programme vise à promouvoir une gestion efficace, durable et intégrée des aires protégées prioritaires du pays.

En juin dernier, un partenariat renforcé entre le Togo et la Team Europe a été lancé à Sokodé, dans la région Centrale, en faveur de la gestion durable des aires protégées et du développement d’une économie verte inclusive et résiliente. Cette initiative repose sur cinq axes complémentaires, parmi lesquels figurent l’amélioration de la gestion, le renforcement de la surveillance et la protection des aires protégées.

Le pays amorce ainsi une transformation profonde dans la gestion de ses espaces naturels. Il entend substituer à l’occupation anarchique une gouvernance concertée, en favorisant des pratiques agroécologiques durables et intégrées en remplacement des usages non maîtrisés, notamment le pâturage incontrôlé.

L’objectif est de transformer les conflits d’usage en une gestion durable et efficace, capable de concilier les exigences de conservation de la biodiversité avec les impératifs du développement local.

Préserver la nature pour construire l’avenir

Loin d’être de simples sanctuaires de la nature, les aires protégées togolaises sont appelées à devenir des leviers d’une économie résiliente et durable. En misant sur l’écotourisme et l’implication des communautés locales, le Togo ambitionne de promouvoir une croissance verte dans laquelle les populations deviennent à la fois actrices et gardiennes de leur patrimoine naturel.

La conservation ne se limite plus à la seule protection des écosystèmes, mais s’inscrit désormais comme un levier de développement.

« En misant sur l’écotourisme et la valorisation des ressources locales, les aires protégées doivent devenir des opportunités de développement durable et de création d’emplois verts. Protéger ces espaces, c’est donc préparer l’avenir du pays et de ses populations », a souligné le directeur général de l’Office national des aires protégées.

La réussite de cette ambition dépendra toutefois d’une mobilisation collective. La préservation des aires protégées ne relève pas uniquement de l’action de l’État ou de l’appui des partenaires techniques et financiers ; elle nécessite également l’implication des communautés riveraines et l’engagement de chaque citoyen.

À travers la promotion de l’écotourisme, le développement de pratiques agroécologiques et le renforcement de la gouvernance locale, le Togo entend faire de ses espaces naturels des pôles de conservation, de création d’opportunités économiques et de développement durable au bénéfice des générations actuelles et futures. FIN

 Savoir News/Ministère de l’Environnement (Source: www.agroclimatique.tg)

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