
Le Conseil Méthodiste Africain (CMA) a clôturé, dimanche à Lomé, cinq jours de travaux consacrés à la « transformation de l’Afrique » et à la « justice réparatrice ».
Réunis du 13 au 17 mai 2026 dans la capitale togolaise, près de 62 délégués venus de plus de 25 pays d’Afrique et de l’Église Méthodiste de Grande-Bretagne ont pris part à ce sommet des Chefs de Conférences.
Ont participé à ce sommet international, plusieurs évêques, révérends pasteurs, anciens présidents de conférences ainsi que des évêques invités.
Les participants sont notamment venus d’Angola, du Bénin, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Ghana, de la Gambie, de la Guinée équatoriale, du Mozambique, du Nigeria, de la Sierra Leone, du Soudan du Sud, de la Tanzanie, du Tanganyika, de la Zambie, du Zimbabwe et du Togo.
Au-delà des réflexions sur la thématique retenue, la rencontre a également permis d’examiner la Constitution et les règlements du CMA, ainsi que les défis auxquels fait face l’Église méthodiste en Afrique, notamment la mobilisation des ressources financières dans un contexte de crise économique mondiale.
Le rapport général des activités de l’année 2025 du CMA a par ailleurs été présenté aux participants, en même temps que plusieurs panels de haut niveau portant sur diverses thématiques.
« Nous avons participé à deux réunions très importantes. La première a réuni certaines conférences méthodistes avec nos partenaires de l’Église méthodiste de Grande-Bretagne. Nous y avons discuté des questions liées à la traite transatlantique des esclaves et à la justice réparatrice. Des universitaires sont intervenus pour relater les atrocités, les brutalités et ce qui s’est passé pendant la traite des esclaves le long de l’Afrique de l’Ouest. Des pays comme la Gambie, la Sierra Leone, le Ghana, le Nigeria, le Cameroun et le Togo étaient représentés », a précisé le Révérend Dr Paul Kwabena Boafo (Président du Conseil Méthodiste Africain).
« Nous avons donc discuté des questions de la traite transatlantique des esclaves et avons vu la nécessité de veiller à ce que des compensations, le repenti et la réconciliation soient accordés aux victimes », a-t-il souligné.

« Nous avons également discuté de notre mission en tant qu’ Église, ou en tant que Conseil. Nous avons surtout examiné le thème intitulé de cette rencontre. Nous avons aussi convenu qu’en tant qu’église, nous ne nous dissocions pas des souffrances et des réalités de la vie quotidienne de notre peuple », a-t-il poursuivi.
« Nous avons aussi abordé les questions politiques, la corruption, les conditions d’insalubrité et le chômage des jeunes. Tout cela a été discuté. Ensuite, nous nous sommes demandés comment jouer notre rôle prophétique et de plaidoyer en tant qu’église sur le continent », a-t-il ajouté.
Notons qu’à l’issue des travaux, un comité d’experts a été mis en place afin de répondre efficacement aux défis liés à la mobilisation des ressources financières au sein du CMA.
Des recommandations ont également été formulées par ces hauts responsables de l’Église méthodiste, issus de plusieurs pays africains.
« Ce que nous avons décidé, c’est de veiller à ce que les gouvernements mettent en place des mécanismes pour que ce qui appartient au peuple lui revienne, afin de lutter contre la corruption qui sévit dans la société. Surtout, nous veillerons aussi à dialoguer avec les gouvernements de manière diplomatique, sans confrontation, mais de façon à ce que nous puissions nous entendre. C’est l’une des voies que nous avons retenues », a expliqué Révérend Boafo
Le président du Conseil Méthodiste Africain a indiqué que l’Église méthodiste entend se tenir aux côtés des plus vulnérables de la société, porter leur voix et jouer pleinement son rôle de plaidoyer.
Elle entend également dialoguer avec les institutions, les entreprises et les gouvernements afin de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations. FIN
Chrystelle MENSAH