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Projet Campus égalité : Les étudiants appelés à la déconstruction des stéréotypes de genre et à la promotion de l’inclusion

Les étudiantes et étudiants ont été appelés samedi 25 avril 2026, à l’inclusion et la déconstruction des stéréotypes de genre lors d’une journée de discussion et d’échange avec les étudiantes et étudiants à l’auditorium de l’Université de Lomé.

Des centaines d’étudiantes et étudiants étaient à cette rencontre inscrite au programme du projet « Campus égalité », soutenue par Amnesty International Togo.

Selon Blessing Dogbey (Cheffe dudit projet) l’objectif est de promouvoir l’égalité de genre et de renforcer le leadership inclusif en milieu universitaire, à travers la sensibilisation, la formation et l’engagement étudiant.

« Le projet « Campus égalité » est soutenu par Amnesty International Togo et se veut un espace de réflexion, de dialogue et surtout de prise de conscience et d’action », a-t-elle expliqué.

La journée a été marquée par deux panels de discussion autour des stéréotypes de genre et du leadership inclusif en milieu estudiantin.

Déconstruire des stéréotypes de genre en milieu universitaire

Le panel sur la déconstruction des stéréotypes a été un cadre de discussions sur les perceptions et les représentations qui influencent les comportements au sein de l’espace universitaire.

Les panélistes ont examiné l’impact des constructions sociales sur le parcours des femmes en milieu universitaire.

Ils ont souligné que les stéréotypes et le découragement (dire à une fille qu’elle n’est pas faite pour une filière) peuvent générer du stress et paradoxalement, freiner la performance, créant un écart avec les garçons.

Vue partielle des participants au 1er panel

Dr Dieudonné Kossi (Juriste consultant, Directeur Exécutif de CEJUS) a déploré la faible représentation des femmes dans les instances décisionnelles universitaires et souligné la déperdition massive des effectifs féminins après la Licence.

Selon Mme Andréa Aziabou (juriste, spécialiste des questions de genre et chargée de programme à WILDAF Afrique de l’Ouest), en milieu universitaire, ces schémas préconçus dictent encore trop souvent l’accès aux facultés. Certaines facultés sont jugées « trop dures » pour les jeunes filles, les poussant vers des cursus perçus comme plus « féminins ».

« Les stéréotypes de genre créent un environnement hostile pour l’étudiant », a dit Mme Barma Marodégueba (Psychologue clinicienne, enseignante-chercheure au CHU Campus/ UL), soulignant que les conséquences de la pression sociale sont très inquiétantes.

Leadership inclusif, passer du discours à l’action

Ce panel a mis l’accent sur le rôle moteur des étudiants dans les processus de transformation sociale et souligné que le leadership comme une influence qui se construit avec les autres. 

« L’engagement dans les clubs et associations, permet à l’étudiant d’apprendre le travail en équipe, l’écriture de projets, la planification, et la rencontre avec les partenaires dans le but de les convaincre », a-t-elle expliqué Mme Essivi Mimi Bossou-Sodjede (Fondatrice de l’Association Précieux trésor de vie).

Pour Dr Délali Germaine Amekoudji (Conseillère technique en charge du genre et de l’inclusion à Plan international Togo), le développement personnel est le fondement du leadership.

« Il arrive qu’on se rende compte qu’on s’est mal orienté. N’ayez pas peur de recommencer, c’est pour cela qu’on est jeunes et qu’on a le temps de pouvoir de se réinventer continuellement », a-t-elle conseillé.

Le panel sur les stéréotypes de genre

Oser agir et apprendre de ses erreurs

Mme Ambroisine Mèmédé (Directrice de l’Agence de Savoir News), a invité les jeunes à croire en leurs idées et à dépasser leurs doutes. 

« Loin de constituer des freins, le doute et les incertitudes peuvent devenir de véritables leviers de réflexion et de progression. Les erreurs font partie intégrante de la vie car, il est impossible de tout maîtriser. Mais il faut pouvoir en tirer des leçons », a-t-elle expliqué.

Renforcer l’action pour un changement durable

Pour Dr Dieudonné Kossi (Juriste consultant), il faut renforcer l’action.

Pour éradiquer ce phénomène, les panélistes ont proposé une approche systématique. La solution doit impérativement passée par une gouvernance universitaire proactive notamment la refonte du curricula pour y intégrer les notions d’égalité. Des actions psychosociales et un engagement individuel de la part des enseignants et étudiants sont également essentiels.

Notons que la journée a permis de renforcer la réflexion autour du rôle d’étudiants dans la promotion d’un environnement plus inclusif. Au-delà des échanges, les participants sont repartis avec l’invitation à traduire les idées en initiatives concrètes, dans une dynamique d’engagement durable. FIN

Rolande ARE/Dosse ADJIMONTI (Stagiaires)

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