
Vue partielle des étudiants formés
Près de 3000 étudiants ayant postulé à l’édition 2026 du projet « Vacances actives en entreprise » sur le plan national – dont 1500 à Lomé – ont été formés le samedi 24 octobre 2026 aux compétences comportementales (soft skills) par l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE).
Cette formation qui s’est déroulée simultanément dans tous les chefs-lieux de régions, de même qu’à Kpalimé et à Aného, vise à préparer les jeunes à une immersion en milieu professionnel réussie et à renforcer leur employabilité.
Mis en œuvre par l’ANPE en collaboration avec des organisations professionnelles d’employeurs, dont le Conseil national du patronat (CNP), l’Association des grandes entreprises du Togo (AGET) et la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCIT), le projet offre aux étudiants une immersion professionnelle d’un mois en entreprise.
Organisée dans le prolongement du processus de placement des stagiaires, clôturé le 9 octobre, la formation s’est déroulée simultanément dans les différentes régions du pays. Elle vise à renforcer les compétences comportementales des candidats, notamment en matière de communication, de travail en équipe, de gestion du temps, de culture d’entreprise, de marque personnelle (personal branding), de citoyenneté et de civisme.

« Les connaissances académiques et les compétences techniques constituent certes des atouts indispensables, mais elles ne suffisent pas toujours à répondre à l’ensemble des attentes des employeurs. Dans le monde professionnel, savoir communiquer efficacement, travailler en équipe, respecter les règles et les délais, gérer son temps, faire preuve de discipline, prendre des initiatives et s’adapter à différentes situations sont autant de qualités qui favorisent l’intégration et la progression professionnelles », a indiqué Kossi Tsiglo, le directeur général de l’ANPE.
Selon lui, cette formation vise à donner aux jeunes des outils supplémentaires pour mieux valoriser leurs acquis, adopter les comportements attendus en entreprise et tirer pleinement profit de leur période d’immersion professionnelle.
A l’issue du processus de placement des étudiants en stages cette année, l’ANPE a enregistré 2 968 étudiants inscrits, 2 170 offres de stage proposées par 352 entreprises et 1 362 étudiants placés en immersion professionnelle.
Les 808 postes de stage non pourvus s’expliquent, d’une part, par l’inadéquation entre les profils recherchés par les entreprises et ceux des étudiants demandeurs de stage et, d’autre part, par un décalage géographique entre les lieux de disponibilité des stages et les lieux de résidence des étudiants.
Pour Thierry Awesso, vice-président du Conseil national du patronat (CNP), l’immersion professionnelle doit s’accompagner de l’acquisition des aptitudes nécessaires à une intégration réussie en entreprise.
« L’immersion permet aux jeunes de découvrir les réalités de l’entreprise ; encore faut-il qu’ils disposent des aptitudes nécessaires pour s’y intégrer, collaborer efficacement et évoluer durablement », a-t-il souligné.
Il a également insisté sur le rôle des compétences comportementales dans les relations professionnelles et la performance des organisations.

« Les employeurs cherchent également des personnes capables de communiquer efficacement, de collaborer avec leurs collègues, de gérer leur temps, de résoudre des problèmes, de s’adapter aux changements et aux imprévus, et de faire preuve de responsabilité. […] C’est pourquoi nous considérons que les soft skills ne sont pas de simples compétences accessoires. Elles constituent une dimension fondamentale de l’employabilité », a-t-il précisé.
Au-delà de la découverte des réalités du monde professionnel, l’initiative permet aux étudiants de développer leurs compétences, de confronter leurs choix d’études aux exigences du marché du travail et d’affiner leur projet personnel professionnel.
« Ce fut une très belle expérience pour moi en entreprise. J’ai été véritablement confrontée au monde professionnel et ce n’est pas de tout repos. Je crois que les soft skills vont réellement nous aider pour la suite de l’aventure professionnelle », a appuyé une étudiante.
Un dispositif complémentaire aux mesures d’insertion
Le projet « Vacances actives en entreprise » s’inscrit dans la politique gouvernementale de promotion de l’employabilité des jeunes. Il complète d’autres dispositifs d’insertion professionnelle, notamment le programme d’Appui à l’insertion et au développement de l’embauche (AIDE) et le volontariat national.
Lancée en 2025, la première édition du projet a dépassé son objectif initial de 1 000 bénéficiaires, avec 1 204 étudiants placés dans 272 entreprises réparties sur l’ensemble du territoire national et intervenant dans divers secteurs d’activité.
L’évaluation de cette première édition fait ressortir des effets positifs sur le parcours académique et professionnel des bénéficiaires. Ainsi, 95% des stagiaires interrogés indiquent que leur immersion a renforcé leur motivation à poursuivre leurs études.

Du côté des entreprises d’accueil, 74,2% se déclarent satisfaites de l’accomplissement des tâches confiées aux stagiaires. Les employeurs apprécient notamment le respect de la hiérarchie (93,5%), le respect des consignes (85%), la ponctualité et l’assiduité (82,3%), l’intérêt pour le travail (81,5%), la capacité d’adaptation (81,1%) et l’aptitude au travail en équipe (80%).
Ces résultats mettent en évidence l’intérêt du dispositif pour les étudiants et les entreprises, tout en soulignant la place des compétences comportementales dans la préparation des jeunes à la vie professionnelle.
À travers cette deuxième édition, le gouvernement entend consolider les acquis du projet et mieux préparer les jeunes aux exigences du marché du travail. FIN
Chrystelle MENSAH