
Les parlementaires togolais renforcent leurs capacités sur les enjeux liés à la pollution plastique, à travers une rencontre de deux jours ouverte vendredi à Lomé par le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, avec l’appui de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).
La pollution plastique constitue un enjeu environnemental majeur au Togo, où l’accumulation et la mauvaise gestion des déchets plastiques contribuent à la dégradation des sols et à la pollution des cours d’eau et du littoral.
Malgré l’existence, depuis 2011, d’un cadre législatif visant à lutter contre ce phénomène, son application sur le terrain et la gestion des déchets demeurent confrontées à d’importants défis.
La rencontre réunit notamment des parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat, des maires, des représentants d’organisations non gouvernementales, des experts en environnement et en gestion des déchets ainsi que des acteurs de la société civile.
Elle vise à renforcer les capacités des parlementaires en vue de l’élaboration d’un cadre législatif adapté, tout en favorisant le partage de bonnes pratiques et la formulation de recommandations pour une meilleure gestion des déchets plastiques.
Les travaux portent notamment sur les données scientifiques relatives à la pollution plastique, les impacts de ce phénomène à l’échelle régionale ainsi que le calendrier du traité mondial sur la pollution plastique porté par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Les participants doivent également examiner les expériences de terrain en matière de gestion des déchets à Lomé et dans les régions, ainsi que les enseignements tirés de la mise en œuvre du décret de 2011.
Pour N’Ladon Nadjo, président de la commission de l’environnement et des changements climatiques, le législateur doit disposer des connaissances et des outils nécessaires pour répondre aux défis environnementaux de son temps.
« Ces deux journées nous offrent l’occasion de confronter les expériences, d’identifier les obstacles et de dégager des pistes concrètes : réduire les déchets à la source, améliorer leur collecte, encourager leur valorisation et accompagner les changements de pratiques », a-t-il déclaré.
Le représentant de la représentante de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au Togo, Bakary Junior Bamba, a pour sa part souligné l’ampleur du phénomène et appelé les parlementaires à jouer un rôle central dans la mise en place d’une réponse adaptée.
Selon lui, plus de 500 millions de tonnes de plastique ont été consommées dans le monde en 2024, dont près de 400 millions destinées à devenir rapidement des déchets. Sans action urgente, les déchets plastiques pourraient presque tripler d’ici 2060.
« La lutte ne relève pas seulement de la gestion des déchets : elle implique la production et la consommation, la responsabilité des producteurs, les collectivités et les citoyens, ainsi que le rôle de la loi », a-t-il affirmé.
La secrétaire générale parlementaire de l’APF, Amélia Lakrafi, a souligné la portée du choix du Togo pour abriter ce séminaire, rappelant que le pays est régulièrement cité pour son appropriation des corpus législatifs de l’organisation.

Elle a notamment relevé l’adoption, en 2025, d’une loi sur le climat inspirée de ces corpus, qu’elle a présentée comme un témoignage de l’engagement du Togo à renforcer son cadre législatif face aux enjeux climatiques.
Ouvrant les travaux, Komi Selom Klassou a exprimé sa gratitude à l’APF et à l’OIF pour leur accompagnement dans la réflexion sur la pollution plastique, un phénomène qui, selon lui, n’épargne aucune région de la planète.
Il a appelé à une action concertée entre les pouvoirs publics, le Parlement, les collectivités territoriales, les entreprises et les citoyens afin de « juguler ce fléau ».
À l’issue du séminaire, les recommandations formulées devraient contribuer à renforcer le cadre législatif togolais et à orienter les actions futures en faveur d’une meilleure gestion des déchets plastiques, pour une réponse plus cohérente et durable face à leurs effets sur l’environnement et les populations. FIN
Edem Etonam EKUE (Source: www.agroclimatique.tg)