
Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a plaidé jeudi 10 septembre 2026 à Londres pour une meilleure prise en compte des besoins et des ambitions de l’Afrique dans la nouvelle dynamique mondiale en faveur de l’énergie nucléaire, appelant notamment à renforcer les partenariats, les financements et les capacités du continent.
Invité d’honneur de la 51e édition du Symposium mondial du nucléaire, le président du Conseil a défendu une approche africaine du développement nucléaire, fondée notamment sur la préparation institutionnelle, les partenariats et la mobilisation des financements.
Placée sous le thème « De l’ambition à l’action », cette édition intervient dans un contexte de regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire à l’échelle mondiale. Pour Faure Gnassingbé, cette dynamique peut offrir aux pays africains des opportunités en matière de sécurité énergétique, de transition climatique et de développement économique.
« L’ambition, à elle seule, ne suffit pas. Le monde doit construire, financer, réglementer et concrétiser », a déclaré Faure Gnassingbé, estimant que l’heure est désormais à la traduction opérationnelle des objectifs annoncés dans le secteur nucléaire.
L’Afrique face au nouvel élan nucléaire
Le regain d’intérêt pour le nucléaire ne produira toutefois des résultats durables qu’à condition de disposer d’un environnement institutionnel, réglementaire, financier et humain suffisamment robuste.
Cette dynamique s’explique notamment par la capacité de cette source d’énergie à contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la sécurisation des approvisionnements énergétiques.
Pour l’Afrique, cette transition revêt une importance particulière, compte tenu de ses besoins en développement et en industrialisation, notamment dans les domaines de la santé, du numérique et des infrastructures.
« Pour l’Afrique, cette transition est particulièrement importante. Le continent a d’immenses besoins de développement et d’industrialisation, d’amélioration des systèmes de santé, ainsi que le développement du numérique et, plus largement, de ses infrastructures », a souligné le président du Conseil.
Pour Faure Gnassingbé, ces progrès nécessiteront une énergie fiable et disponible en quantité croissante. Les technologies nucléaires, notamment les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs, pourraient ainsi offrir des solutions adaptées aux besoins et aux réalités du continent.
« L’Afrique ne demande pas simplement une technologie. Elle demande un véritable partenariat. L’Afrique offre un marché et une vision de son propre avenir énergétique », a-t-il indiqué.
Le président du Conseil a illustré cette approche par la trajectoire du Togo. Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2012, le pays a progressivement renforcé son environnement institutionnel et réglementaire pour l’utilisation sûre et pacifique des technologies nucléaires.
« Le Togo est membre de l’AIEA depuis 2012 et nous avons progressivement renforcé notre cadre national pour l’utilisation sûre et pacifique des technologies nucléaires. En janvier 2025, nous avons créé notre Commissariat à l’énergie atomique. Plus récemment, nous avons signé un nouveau cadre de coopération avec l’AIEA. Dans le même temps, nous évaluons les technologies susceptibles de répondre à nos besoins futurs, ainsi que les partenariats et mécanismes de financement nécessaires », a-t-il expliqué.
Le président du Conseil a également rappelé les engagements pris dans le cadre de la deuxième édition du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), tenue à Kigali, au Rwanda.
« Le Togo, mon pays, a choisi d’engager sa préparation à l’utilisation de la science et de la technologie nucléaires dans le cadre de son développement et de sa sécurité énergétique. Nous comprenons qu’un développement nucléaire responsable commence bien avant la construction du premier réacteur », a-t-il souligné.
Le financement, principal défi du nucléaire africain
Pour concrétiser les ambitions africaines, le président du Conseil a souligné les difficultés liées au financement des projets nucléaires. Ces projets nécessitent en effet des investissements importants et s’inscrivent dans des cycles particulièrement longs, appelant des structures financières capables d’accompagner des opérations dont les horizons se mesurent en décennies.
« Le financement reste l’un des défis les plus importants du déploiement nucléaire en Afrique. Les projets nucléaires exigent des investissements considérables sur le long terme et des structures de financement capables de gérer les risques sur plusieurs décennies », a-t-il déclaré.
À Londres, Faure Gnassingbé a estimé que l’évolution de l’environnement financier international pouvait ouvrir de nouvelles perspectives, à condition de transformer les réflexions et recommandations en mécanismes opérationnels permettant aux pays africains d’accéder effectivement aux financements nécessaires.
La problématique du financement portée par le Symposium rejoint les travaux du NEISA, qui ont permis de faire évoluer le débat nucléaire africain vers des questions plus concrètes, notamment la préparation institutionnelle, le financement, la formation, le développement des capacités industrielles, la réglementation et les conditions de déploiement.
Lomé accueillera NEISA 2027
C’est dans cette dynamique que Faure Gnassingbé a annoncé que Lomé accueillera la troisième édition du Nuclear Energy Innovation Summit for Africa (NEISA), du 1er au 3 juin 2027.
« Nous considérons ce passage de Kigali à Lomé comme bien plus qu’un simple changement de ville ou de lieu : il représente la continuité, le partenariat et l’élargissement de la dynamique nucléaire africaine. Nous avons l’occasion de faire en sorte que le prochain chapitre de la renaissance nucléaire mondiale soit aussi celui de l’industrialisation, de l’innovation et du développement de l’Afrique », a-t-il déclaré.
L’intervention du président du Conseil à Londres a également été marquée par l’annonce de l’adhésion du Togo à la Déclaration visant à tripler la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050, lancée à l’occasion de la COP28.
Par cette décision, le pays entend prendre sa part aux efforts internationaux visant à renforcer la contribution de l’énergie nucléaire à la sécurité énergétique et à la lutte contre le changement climatique, tout en réaffirmant son attachement aux principes de sûreté, de sécurité et d’utilisation exclusivement pacifique des technologies nucléaires.
À travers sa participation au Symposium, Faure Gnassingbé a ainsi défendu une vision dans laquelle le nucléaire ne constitue pas une fin en soi, mais un possible instrument au service du développement.
L’enjeu est désormais de faire en sorte que la nouvelle dynamique mondiale en faveur de l’énergie nucléaire puisse également bénéficier au continent africain, en contribuant à son industrialisation, à l’innovation, au développement des infrastructures et au renforcement de ses capacités humaines et technologiques.
En accueillant NEISA 2027 du 1er au 3 juin, le Togo entend contribuer à faire du dialogue nucléaire africain un espace davantage tourné vers l’action, l’investissement et la construction de partenariats durables.
En marge des travaux, des expositions ont également mis en valeur les produits, services et initiatives des différents acteurs du secteur nucléaire.
Des rencontres B2B ont par ailleurs permis aux participants d’échanger, de développer des partenariats et d’explorer de nouvelles opportunités de collaboration. FIN
Edem Etonam EKUE