
Vingt-trois ans après son dernier sacre, l’Égypte est de nouveau championne d’Afrique de volleyball féminin. Et les chiffres de la finale racontent aussi la manière dont les Égyptiennes ont construit leur victoire : une énorme supériorité au contre et une capacité à profiter des nombreuses fautes kényanes.
Vendredi à la Kasarani Arena de Nairobi, l’Égypte a dominé le Kenya 3 sets à 0 (25-22, 25-15, 25-15) en finale du Championnat d’Afrique des Nations féminin 2026. La rencontre a duré 1h12, avec des manches de 28, 21 et 23 minutes.
Cette victoire permet à l’Égypte de décrocher son quatrième titre continental, après ceux de 1976, 1989 et 2003. Surtout, ce sacre lui offre le billet africain direct pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Le premier set pour résister, les deux suivants pour assommer
Dans une Kasarani Arena acquise à la cause des Malkia Strikers, l’Égypte a d’abord dû contenir la pression kényane.
Le premier set, long de 28 minutes, a été le plus disputé. Le Kenya est resté au contact, mais l’Égypte a mieux négocié les derniers échanges pour s’imposer 25-22.
La physionomie du match a ensuite radicalement changé.
Plus solides et surtout plus propres dans leur jeu, les Égyptiennes ont creusé l’écart dans le deuxième set, remporté 25-15. Le Kenya, jusque-là presque intouchable dans la compétition, n’a pas trouvé la réponse.
Même score dans le troisième : 25-15. En 1h12, l’affaire était réglée.
Le contre égyptien fait basculer la finale
Curieusement, le Kenya termine la rencontre avec 35 points en attaque contre 34 pour l’Égypte. Mais cette légère avance masque la véritable différence entre les deux équipes.
Elle se trouve d’abord au filet.
L’Égypte a inscrit 11 points au contre, contre seulement un pour le Kenya. Un écart considérable de dix points dans un match disputé en trois manches.
Les Kényanes ont également commis beaucoup plus de fautes offensives : 20 fautes en attaque contre seulement 6 pour l’Égypte.
Au service, les championnes d’Afrique ont encore pris l’avantage avec 4 aces contre 2.
Mais le chiffre le plus lourd pour le Kenya est probablement celui des erreurs offertes à l’adversaire. L’Égypte a bénéficié de 26 points sur fautes adverses, contre seulement 14 pour le Kenya.
Au total, le tableau d’affichage traduit cette différence de maîtrise : 75 points à 52.
Meawad, meilleure marqueuse de la finale
Sur le plan individuel, Meawad a été la joueuse la plus prolifique de la rencontre.
La numéro 4 égyptienne termine avec 14 points, dont 11 en attaque, 2 au contre et 1 au service.
Sa coéquipière Meeto suit avec 12 points, dont 11 attaques et un contre.
Côté kényan, Adhiambo a été la plus efficace avec 11 points : 8 en attaque, 1 au contre et 2 au service. Masai termine à 10 points, tous inscrits en attaque.
La performance collective égyptienne apparaît également dans la répartition des points. M. Ghazal apporte 8 points, dont deux aces, tandis que Yasso inscrit 7 points, avec notamment 3 contres.
Cette diversité des solutions a compliqué la tâche du Kenya, incapable de concentrer sa défense sur une seule attaquante.
Le Kenya tombe au pire moment
La défaite est brutale pour les Malkia Strikers, tant leur parcours avait été solide avant cette finale.
Le Kenya avait battu successivement la Zambie 3-0, le Mali 3-0, le Nigeria 3-0, l’Algérie 3-1 en quart de finale puis le Cameroun 3-0 en demi-finale.
Les Kényanes se présentaient donc en finale avec cinq victoires en cinq rencontres et seulement un set perdu.
Mais face à l’Égypte, les tenantes du titre ont payé leurs erreurs et leur incapacité à imposer leur puissance au filet.
Une Égypte invincible jusqu’au titre
Le parcours égyptien aura été encore plus impressionnant.
Avant la finale, l’Égypte avait successivement battu le Burkina Faso, le Sénégal, l’Ouganda, le Burundi, la Tunisie et le Rwanda, toujours sur le score de 3-0.
Le Kenya n’a pas davantage réussi à lui prendre une manche.
L’Égypte achève donc Nairobi 2026 avec sept victoires en sept matches et 21 sets remportés sans en perdre un seul.
Le symbole est d’autant plus fort qu’en 2023, le Kenya avait dominé l’Égypte 3-0 en finale du Championnat d’Afrique. Trois ans plus tard, les Égyptiennes rendent exactement le même score à leurs rivales, cette fois sur le sol kényan.
Vingt-trois ans après, l’Égypte retrouve sa couronne
L’Égypte avait attendu depuis 2003 pour retrouver le sommet continental.
Après ses titres de 1976, 1989 et 2003, elle ajoute ainsi une quatrième couronne africaine à son palmarès.
Mais Nairobi lui offre plus encore.
Avec ce titre, l’Égypte obtient le billet continental direct pour les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Elle avait également assuré sa qualification pour la Coupe du monde féminine FIVB 2027 en atteignant la finale.
Le Kenya sera lui aussi au rendez-vous mondial en 2027, tandis que le Cameroun, vainqueur du Rwanda 3-0 dans le match pour la médaille de bronze, complète le trio africain qualifié.
Source: CAVB