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ONU : les Etats adoptent une résolution portée par le Togo sur une représentation plus fidèle du monde

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté vendredi par 164 voix pour la résolution « Corriger la carte », portée par le Togo au nom de l’Union africaine, visant à promouvoir une représentation cartographique plus fidèle des superficies réelles des continents, notamment de l’Afrique.

Ce texte, porté par le Togo et l’Union africaine et coparrainé par la France, a été adopté par 164 voix contre une, celle des Etats-Unis, et six abstentions.

La résolution vise à encourager les organisations internationales et les Etats à utiliser des représentations cartographiques de type « Equal Earth ».

Cette cartographie abandonne la projection dite « de Mercator » du nom de Gerardus Mercator, géographe, cartographe, philosophe et théologien né en Flandres en 1512. Sa carte du monde a été conçue pour la navigation maritime et agrandit artificiellement les territoires situés aux hautes latitudes.

Cette résolution reconnaît et affirme que les représentations cartographiques disproportionnées, notamment celles issues de la projection de Mercator, ont entraîné des répercussions cognitives, éducatives, culturelles, géopolitiques et socioéconomiques durables, contribuant à une réduction drastique de la taille de l’Afrique et d’autres régions du monde dans l’imaginaire collectif mondial.

« En adoptant ce texte, l’assemblée générale reconnaît que corriger ces biais constitue un acte de justice cognitive, de réparation mémorielle et de vérité historique, essentiel pour une compréhension équilibrée du monde, l’éducation des générations futures et la promotion d’une coopération internationale fondée sur l’égalité et le respect mutuel », précise un communiqué officiel.

Le texte reconnaît que les représentations cartographiques disproportionnées, notamment celles issues de la projection de Mercator, ont contribué à une perception réduite de la taille de l’Afrique et d’autres régions du monde, avec des répercussions dans les domaines cognitif, éducatif, culturel, géopolitique et socioéconomique.

La résolution encourage ainsi la diffusion et l’utilisation de projections cartographiques équivalentes, dont la projection Equal Earth, qui reproduit plus fidèlement les superficies réelles des continents.

Elle recommande notamment leur utilisation dans les domaines éducatif, institutionnel, socioéconomique et médiatique lorsque la fidélité des superficies est essentielle.

La résolution invite notamment les Etats membres à adopter et diffuser des projections équivalentes dans les outils pédagogiques, administratifs et numériques, tout en intégrant un enseignement critique de la cartographie dans les programmes scolaires. Elle encourage également le renforcement des capacités géospatiales, notamment dans les pays en développement.

Elle appelle par ailleurs les organisations internationales et régionales, les entreprises technologiques, les plateformes numériques ainsi que les milieux éducatifs, scientifiques et médiatiques à contribuer à la diffusion de représentations géographiques plus fidèles et à sensibiliser les publics aux limites et aux biais des différentes projections cartographiques.

« Les cartes façonnent notre compréhension du monde », a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Togo à la tribune, Robert Dussey.

« Elles orientent l’éducation, nourrissent l’imaginaire et influencent les perceptions collectives. Elles ne sont donc jamais neutres : lorsqu’elles donnent une image déformée de notre planète, elles risquent de perpétuer des représentations erronées transmises de génération en génération », a-t-il ajouté.

L’adoption de cette résolution intervient dans le contexte de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine (2025-2034) et de la Décennie d’action pour la justice et les réparations (2026-2035), proclamée par l’Union africaine.

Le texte ouvre désormais la voie à un dialogue renforcé entre les Etats membres, les organisations internationales compétentes et les institutions éducatives et technologiques, en vue de promouvoir des standards cartographiques plus équitables et de soutenir les initiatives de sensibilisation, de formation et de coopération dans le domaine géospatial. FIN

Junior AUREL

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