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Guerre en Ukraine : à Maïdan, un mémorial à ciel ouvert des soldats tombés au front

Bernadette AYIBE à la place Maidan à Kiev le vendredi 15 mai 2026

Une immersion journalistique a conduit à Kiev onze journalistes venus de sept pays africains – Bénin, Cameroun, République démocratique du Congo (RDC), Mauritanie, Côte d’Ivoire, Sénégal et Togo – dans le cadre d’un voyage de presse organisé du 11 au 16 mai 2026 par le ministère ukrainien des Affaires étrangères, en coopération avec le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), dans le cadre de l’Initiative de renforcement des capacités en communication stratégique UE-Ukraine.

L’objectif de cette mission était de permettre aux médias africains de constater directement les réalités de la guerre en Ukraine et de contribuer à une meilleure compréhension du conflit, dans un contexte marqué par la circulation de nombreuses informations contradictoires. Parmi ces journalistes figurait Bernadette Ayibé, journaliste à Savoir News.

Au-delà des immeubles endommagés et des quartiers marqués par les frappes, un autre lieu raconte la guerre à Kiev : la place de l’Indépendance, plus connue sous le nom de Maïdan.

Sur cette place devenue un symbole de l’histoire récente de l’Ukraine, de nombreux drapeaux ukrainiens côtoient les portraits de soldats morts au combat. Chaque photographie rappelle le parcours d’un homme ou d’une femme et le drame d’une famille touchée par la guerre. Ces hommages, installés dans l’espace public, donnent un visage aux victimes du conflit.

Ce mémorial à ciel ouvert rappelle que derrière les bilans et les statistiques, la guerre se mesure aussi à travers des destins individuels. À Maïdan, les portraits des disparus entretiennent la mémoire de ceux qui ont perdu la vie depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine.

Moldavie : aux portes d’une Ukraine en guerre

Avant d’atteindre Kiev, notre itinéraire nous a conduits en Moldavie. L’espace aérien ukrainien étant fermé depuis l’invasion russe de février 2022, l’accès au pays s’effectue désormais par voie terrestre, en transitant par les États voisins.

À Chișinău, capitale moldave, le contraste est saisissant. La ville affiche un calme apparent, mais les autorités demeurent attentives aux conséquences du conflit qui se déroule à proximité. La guerre s’invite régulièrement dans les débats publics, notamment autour des enjeux de sécurité, de désinformation et de l’influence russe.

Ces journalistes sur le sol ukrainien

Le franchissement de la frontière ukrainienne marque une nouvelle étape dans le voyage. Les contrôles y sont particulièrement rigoureux : les documents des voyageurs font l’objet de vérifications approfondies avant l’autorisation de poursuivre la route vers Kiev.

Kiev, une vie ordinaire sous haute tension

L’une des images qui marque le plus au cours de cette visite reste celle d’une capitale qui refuse de s’arrêter. Dans les rues de Kiev, les cafés continuent d’accueillir leurs clients, les transports publics fonctionnent et les habitants poursuivent leurs activités quotidiennes.

Pourtant, la guerre reste présente dans les esprits. Chacun garde son téléphone à portée de main, prêt à réagir au moindre signal d’alerte. Les sirènes font désormais partie du quotidien, au même titre que les déplacements vers le travail ou les courses dans les commerces.

Cette capacité d’adaptation force le respect. Les habitants ont appris à composer avec une menace permanente et à maintenir un semblant de normalité. Mais derrière cette résilience se cache une profonde fatigue. Beaucoup confient que chaque nuit peut basculer et devenir une nouvelle épreuve.

Comprendre la guerre au-delà des images

Ce séjour en Ukraine a permis de dépasser les seules images de destruction souvent associées au conflit. Oui, Kiev demeure sous la menace des drones et des missiles. Oui, les dégâts matériels sont visibles et les pertes humaines continuent de marquer le pays. Mais la capitale ukrainienne n’est pas une ville à l’arrêt : elle continue de vivre, de travailler et de se projeter malgré les alertes répétées.

Au fil des rencontres avec les autorités, les secouristes, les étudiants et les habitants, une réalité s’est imposée : derrière les statistiques et les communiqués officiels se trouvent des femmes et des hommes qui tentent de préserver une vie quotidienne aussi normale que possible dans un contexte profondément bouleversé.

Cette immersion offre un regard différent sur une guerre qui, plus de quatre ans après le début de l’invasion russe à grande échelle, continue de transformer le quotidien de millions d’Ukrainiens. FIN

Bernadette AYIBE (En Ukraine du 11 au 16 mai 2026)

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