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Recensements 2030 : les experts des pays francophones d’Afrique réunis à Lomé pour s’approprier les nouvelles normes internationales

Des responsables des instituts nationaux de la statistique et des experts de plusieurs pays francophones d’Afrique participent depuis le lundi 15 juin 2026 à Lomé à un atelier régional consacré au Programme mondial de recensement de la population et de l’habitat du cycle 2030.

Initiée par le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA-WCARO), la rencontre est organisée en collaboration avec l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques du Togo (INSEED), le Centre africain pour la statistique de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), l’Office for National Statistics (ONS) du Royaume-Uni et la Division de statistique des Nations Unies (UNSD).

Placé sous le thème « Normes internationales et approches novatrices », cet atelier de cinq jours réunit notamment des responsables et coordonnateurs de recensement, des hauts cadres impliqués dans la planification et la mise en œuvre des opérations censitaires, ainsi que des gestionnaires et experts techniques spécialisés dans la cartographie, le traitement des données, les technologies de l’information et de la communication (TIC) et d’autres domaines connexes.

Des experts d’institutions panafricaines et régionales, notamment STATAFRIC, AFRISTAT, la CEDEAO et la CEMAC, ainsi que des représentants de partenaires financiers tels que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, prennent également part aux travaux.

Vue partielle des participants

L’atelier vise notamment à renforcer les capacités des responsables des recensements de la population et de l’habitat en vue de leur permettre de planifier efficacement les opérations censitaires et de mettre en œuvre les principes et recommandations révisés des Nations Unies pour le cycle 2030 des recensements.

Le Programme mondial de recensement de la population et de l’habitat de 2030, approuvé lors de la 56e session de la Commission de statistique des Nations Unies, prévoit que chaque pays réalise au moins un recensement de la population et de l’habitat entre 2025 et 2034. À défaut, les États sont encouragés à produire des statistiques démographiques et socio-économiques à un niveau territorial, afin de répondre aux besoins de planification et de développement.

‘Outil indispensable pour la gouvernance et le développement’

Les statistiques constituent un « outil indispensable pour la gouvernance et le développement », a souligné Prof. N’Zué Félix Fofana, directeur par intérim de la Recherche et des Statistiques de la Commission de la CEDEAO.

Cet atelier « constitue une occasion privilégiée pour permettre aux pays africains de s’approprier les nouvelles recommandations des Nations Unies, de partager leurs expériences et de renforcer la coopération entre institutions statistiques », a-t-il précisé.

Les recensements permettent aux États de connaître la composition de leur population, d’en mesurer l’effectif et de mieux appréhender les conditions de vie des habitants, a-t-il poursuivi, soulignant qu’il s’agit d’ »informations essentielles pour orienter les politiques publiques et assurer une meilleure répartition des ressources ».

Abondant dans le même sens, le directeur de la statistique de la Commission de la CEMAC et coordonnateur du projet HISWACA-CEMAC, Roland Marc Lontchi Tchoffo, a rappelé que les recensements demeurent un outil stratégique pour le suivi des Objectifs de développement durable (ODD) ainsi que de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Vue partielle des participants..

Il a toutefois relevé plusieurs défis persistants dans la sous-région, notamment les contraintes financières, les préoccupations sécuritaires et la transition encore inachevée vers des recensements entièrement numérisés.

Selon lui, l’atelier de Lomé constitue une « occasion privilégiée pour les pays africains de s’approprier les nouvelles recommandations des Nations Unies, de partager leurs expériences et de renforcer la coopération entre les institutions statistiques ».

Les travaux de l’atelier visent notamment à présenter une vue d’ensemble des lignes directrices, normes et méthodologies internationales disponibles pour accompagner les pays africains dans la mise en œuvre du cycle 2030 des recensements.

Les participants échangeront en outre sur les évolutions récentes et les tendances mondiales en matière de recensement, ainsi que sur les possibilités de leur adoption dans le cadre du cycle 2030.

L’atelier entend également renforcer les capacités techniques des participants dans l’application des lignes directrices révisées.

‘Pilier fondamental des systèmes statistiques nationaux’

Le représentant résidant de l’UNFPA au Bénin, représentant du directeur du Bureau régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Richmond Tiemoko, a rappelé que les recensements vont bien au-delà d’un simple exercice de dénombrement de la population.

Ils constituent, a-t-il souligné, « un pilier fondamental des systèmes statistiques nationaux et un outil essentiel pour la planification du développement ».

Dans ce cadre, il a insisté sur la nécessité de renforcer l’appropriation des normes et méthodologies internationales, ainsi que des évolutions récentes en matière de recensement, afin d’améliorer la qualité des opérations dans le cycle 2030.

Il a également salué les progrès réalisés par les pays de la région au cours du cycle 2020, en dépit des crises économiques et sécuritaires.

Selon lui, « sur les 23 pays couverts par l’UNFPA dans la région, 17 ont déjà mené à bien leur recensement, notamment grâce à l’utilisation accrue des technologies numériques et des outils géospatiaux ».

Le choix de Lomé pour abriter cette rencontre n’est pas fortuit, le Togo étant cité parmi les pays pionniers de la modernisation des recensements en Afrique, a relevé le secrétaire général du ministère de la Planification du développement, Béguédouwé Paneto.

Ce dernier a rappelé que le cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-5) a été entièrement réalisé sous format numérique, grâce notamment à l’utilisation de tablettes, aussi bien pour les opérations de cartographie que pour le dénombrement.

Plusieurs communications sont inscrites au menu de cet atelier, notamment sur « Mécanismes d’appui au Programme africain relatif au cycle 2030 des recensements de la population et de l’habitat », ainsi que sur « Programme africain relatif au cycle 2030 des recensements de la population et de l’habitat ».

Les participants échangeront également sur « les pays déjà engagés dans la préparation du cycle 2030 et les principaux aspects innovants » qui y sont associés. Une communication est par ailleurs consacrée au « système statistique national et à la « production des données socio-démographiques au Togo ».

À l’issue de l’atelier, le Comité de coordination des recensements africains établira un calendrier collaboratif d’appui aux opérations de recensement. Les résultats et rapports des études pilotes seront ensuite partagés avec l’ensemble des États membres. Le manuel électronique consacré aux recensements numériques sera, pour sa part, actualisé en continu à partir des nouvelles études de cas disponibles. FIN

Bernadette AYIBE

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