
Le Togo a donné, ce lundi 1er juin 2026, le coup d’envoi de la campagne nationale de reboisement avec un objectif ambitieux : mettre en terre 16,8 millions d’arbres sur une superficie de 11 250 hectares d’ici la fin de l’année.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la dynamique de restauration du couvert forestier national engagée depuis 2021, qui a déjà permis de planter près de 39 millions de plants sur plus de 49.000 hectares à travers le pays.
La campagne de reboisement 2026 a été lancée au Centre d’enfouissement technique d’Aképé, localité située à environ 15 km au nord-ouest de Lomé.
Placée sous le triptyque « Planter, entretenir, transformer », cette campagne reflète la vision portée par le président du Conseil Faure Gnassingbé, qui entend faire du reboisement un véritable levier de transformation environnementale, économique et sociale. À travers cette initiative, le Togo poursuit son ambition de planter un milliard d’arbres à l’horizon 2030, avec pour objectif de porter le taux de couverture forestière nationale à 26% du territoire.

Le choix du Centre d’enfouissement technique d’Aképé pour accueillir le lancement de cette édition n’est pas fortuit.
Selon le lieutenant-colonel Moussa Samarou, chef de la division des aires protégées et de la faune à la Direction des ressources forestières, ce site génère des gaz à effet de serre provenant du traitement des déchets ménagers.
Le reboisement des lieux vise ainsi à contribuer à l’atténuation de ces émissions tout en améliorant le cadre environnemental du centre.
« Le reboisement des alentours permettra ainsi de créer un puits de carbone capable de capter une partie du dioxyde de carbone rejeté dans l’atmosphère. Les espèces retenues ont une croissance relativement rapide et développent une biomasse importante, ce qui leur permet d’absorber davantage de carbone », a-t-il expliqué. Parmi les essences choisies figurent notamment le terminalia superba (fraké ou limba), le caïlcédrat et le kapokier.
L’édition 2026 marque également une évolution dans la stratégie de reboisement.
— Une nouvelle approche du reboisement —
Au-delà du nombre de plants mis en terre, l’accent est désormais mis sur leur entretien et leur taux de survie afin de garantir un impact durable des efforts engagés. Dans cette optique, un dispositif de coordination associant gouverneurs, préfets, maires et services déconcentrés de l’État a été instauré pour assurer un suivi plus rigoureux des plantations et renforcer la responsabilité des acteurs à tous les niveaux.
« Chaque 1er juin, les Togolaises et les Togolais plantent et entretiennent des arbres pour répondre à leurs responsabilités envers l’environnement. Cette année, nous adoptons une approche plus contractuelle afin de garantir un meilleur suivi des plantations », a précisé Dodzi Komla Kokoroko (ministre de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique).
Ce dernier a par ailleurs indiqué que le choix des espèces repose sur les spécificités écologiques des différentes régions du pays.
Les espèces retenues ont été sélectionnées en fonction des spécificités écologiques de chaque région. Sur le littoral, les filaos et les cocotiers contribueront à la protection des côtes contre l’érosion. Dans la région des Plateaux, le teck et le caïlcédrat serviront à renforcer la régénération du couvert forestier. Quant aux zones de savane du centre et du nord du pays, elles bénéficieront de la plantation de neem, d’acacia, de karité et de baobab, des essences adaptées pour enrichir les écosystèmes et lutter contre l’avancée de la désertification.

Pour le ministre, le reboisement constitue une véritable question de survie nationale. Il a souligné que la protection des forêts est indissociable de la préservation des sols, des ressources en eau, de la sécurité alimentaire et de l’avenir des générations futures.
Rappelons que la campagne de reboisement 2026, marque la 49e édition de la Journée nationale de l’arbre au Togo. Instituée en 1977 dans un contexte marqué par la lutte contre la désertification, cette journée mobilise chaque année, les institutions publiques, les collectivités locales, les établissements scolaires ainsi que les organisations de la société civile autour d’un même geste : planter un arbre. FIN
Bernadette AYIBE (Source: www.agroclimatique.tg)