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Secteur agricole au Togo : cinq ans de réformes qui transforment progressivement le monde rural

Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire a réalisé un documentaire pour dresser le bilan de la mise en œuvre de la Feuille de route gouvernementale Togo 2025 dans le secteur agricole. Ce documentaire met en lumière les principales réformes engagées entre 2020 et 2025 ainsi que leurs impacts.

Durant cette période, le gouvernement togolais a multiplié les actions pour moderniser l’agriculture et renforcer la souveraineté alimentaire.

Aménagement de terres, mécanisation, irrigation, recherche agricole, accès aux intrants, développement des agropoles ou encore financement des producteurs : les initiatives ont concerné l’ensemble de la chaîne de valeur. Si des défis demeurent, les premiers résultats témoignent d’une transformation progressive du secteur.

L’agriculture demeure un des principaux piliers de l’économie togolaise. Elle fait vivre près de 65% de la population active et contribue à hauteur d’environ 22,8% au produit intérieur brut. Le pays dispose également d’importants atouts naturels, avec près de 3,4 millions d’hectares de terres cultivables, des sols favorables à de nombreuses cultures et un climat qui permet une grande diversité de productions selon les régions.

Du maïs au riz, en passant par le manioc, l’igname, le soja, le coton, les cultures maraîchères, l’élevage, la pêche et la pisciculture, le potentiel agricole du Togo est considérable.

Pourtant, pendant de nombreuses années, ce potentiel est resté sous-exploité en raison de plusieurs contraintes : faible mécanisation, accès limité au financement, difficultés de stockage, pertes post-récolte, insuffisance de transformation locale, pression foncière et vulnérabilité aux effets du changement climatique.

À ces défis s’ajoutaient une forte dépendance aux aléas climatiques et l’utilisation d’équipements agricoles encore largement traditionnels. Malgré les progrès enregistrés grâce aux différents programmes agricoles mis en œuvre depuis 2008, notamment le PNIASA puis le PNIASAN, le secteur avait besoin d’une nouvelle impulsion pour améliorer durablement sa productivité et créer davantage de valeur ajoutée.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit la Feuille de route gouvernementale 2020-2025. Son ambition est claire : bâtir une agriculture moderne, productive et compétitive, capable d’assurer la sécurité alimentaire du pays tout en créant davantage de richesses et d’emplois.

Pour atteindre cet objectif, les autorités ont choisi d’agir sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production jusqu’à la commercialisation et à la transformation des produits agricoles.

Parmi les premières réponses apportées figure la création des Zones d’aménagement agricole planifié (ZAAP). Face à la rareté des terres cultivables et au morcellement des exploitations, ce dispositif consiste à regrouper, sécuriser et aménager les terres afin d’offrir aux producteurs de meilleures conditions de travail.

En cinq ans, plus de 193 ZAAP ont été créées à travers le pays, représentant plus de 35 300 hectares de terres aménagées. À cela s’ajoutent près de 2 600 hectares de bas-fonds et 340 hectares de périmètres irrigués destinés principalement à la riziculture. Ces investissements ont permis de restructurer de nombreuses zones agricoles et d’améliorer progressivement les conditions de production.

C’est à travers les cinq régions du pays que l’on mesure concrètement les effets de ces réformes. Premier arrêt dans la région Maritime, à Momé Hagou, dans la préfecture de Vo. Ici, les producteurs constatent une profonde évolution du paysage agricole. Les terres sont désormais mieux organisées, les parcelles aménagées et les espaces de production structurés, offrant aux exploitants un cadre plus propice au développement de leurs activités.

Les témoignages recueillis sur le terrain traduisent également les effets de la sécurisation foncière. Dans plusieurs localités, les opérations de cartographie et d’enregistrement des parcelles ont renforcé la confiance des producteurs, favorisé les investissements et réduit les conflits liés à l’exploitation des terres.

Cette nouvelle organisation s’accompagne d’un meilleur accompagnement des agriculteurs.

Près de 16.000 producteurs ont été regroupés en coopératives et bénéficient aujourd’hui d’un accès facilité aux intrants de qualité, au crédit et à la commercialisation grâce au développement de l’agriculture contractuelle. Ce mécanisme, fondé sur un partenariat entre producteurs, agrégateurs et projets de développement, permet de sécuriser les débouchés tout en facilitant le financement des campagnes agricoles. FIN

Bernadette AYIBE (Source: ww.agroclimatique.tg)

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