
« Il nous faut aujourd’hui réfléchir à ce que contiennent nos assiettes », a déclaré ce vendredi 14 août 2026 Jean-Paul Agnoh Ahouélété, commissaire général du Festival La Marmite (FESMA), à l’ouverture du colloque scientifique organisé au cœur de l’événement.
« Le FESMA n’est pas seulement une vitrine festive, c’est aussi un espace de solutions », a-t-il ajouté.
Coorganisé avec l’Organisation pour l’alimentation et le développement local (OADEL), ce colloque de deux jours vise à mener une réflexion approfondie sur les enjeux nutritionnels liés à la transition alimentaire et à la mutation des modes de consommation en Afrique de l’Ouest, où les modes de vie s’urbanisent, les rythmes s’accélèrent et les habitudes se transforment.
Selon le commissaire général du festival, ces mutations s’opèrent sous la pression de la mondialisation, trop souvent au détriment de la santé publique et de la souveraineté économique des pays de la sous-région.
« Nous assistons au paradoxe de la malnutrition, où la sous-nutrition côtoie désormais la hausse des maladies chroniques liées à une alimentation ultra-transformée et importée. Face à ce constat, nous ne pouvons rester spectateurs… Les solutions résident dans le dialogue entre la science, les politiques publiques et les savoir-faire de nos terroirs » a-t-il expliqué.
Il a également souligné que, face à ces défis, il devient impératif de réinventer notre modèle alimentaire : « Cela passe par la revalorisation de nos produits locaux, riches, résilients et adaptés à nos écosystèmes ».
Pour M. Agnoh Ahouélété, l’alimentation dépasse la simple fonction biologique : « Elle est le premier ciment de nos cultures, le reflet de notre hospitalité et le fil conducteur qui unit les peuples de notre sous-région ». Il préconise ainsi un « retour audacieux vers nos forces endogènes, modernisées pour nourrir sainement nos populations ».
Un programme axé sur la santé et la valorisation locale
La leçon inaugurale, portant sur les dynamiques des transitions alimentaires en Afrique, a été dispensée par le Dr Sa Bodjrenou de l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin). Son intervention a mis en lumière le fait que la transition alimentaire ouest-africaine représente une opportunité unique de réconcilier santé, agriculture, culture, environnement et développement économique. Cette conférence a donné le ton à plusieurs autres communications axées sur l’impact des modes de consommation et des pratiques agricoles sur la santé.
Ce colloque rassemble pendant deux jours des chercheurs, universitaires, médecins, étudiants, journalistes ainsi que divers autres acteurs de la chaîne alimentaire. les recommandations issues de cette rencontre sous-régionale serviront de rampe pour tracer les contours d’une sécurité nutritionnelle durable dans la sous région.
Rappelons que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la 5ᵉ édition du FESMA, qui se déroule du 12 au 16 août 2026 sur l’esplanade du Palais des Congrès de Lomé. L’événement, qui promeut l’intégration et le vivre-ensemble par la gastronomie, met cette année à l’honneur le fonio, une céréale ancestrale aux qualités nutritionnelles exceptionnelles. FIN
Ambroisine MEMEDE