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Les Etats-Unis attaquent le Venezuela et capturent le président Maduro

Le président américain, Donald Trump, a annoncé samedi que les forces américaines avaient capturé et exfiltré le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.

«Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une attaque de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolas Maduro, qui, avec son épouse, a été capturé et exfiltré du pays», a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

La procureure générale Pamela Bondi a expliqué sur X que M. Maduro et son épouse, dont on ignore où ils se trouvent, «feraient bientôt face à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains».

Mme Bondi a rappelé que le couple Maduro était inculpé devant un tribunal fédéral de New York pour des chefs de «narcoterrorisme» et de «complot pour importation de cocaïne» aux États-Unis.

Donald Trump a annoncĂ© qu’il donnerait une confĂ©rence de presse Ă  11 H dans sa rĂ©sidence de Mar-a-Lago, en Floride, au sujet de ces frappes, dont le bilan humain est dans l’immĂ©diat inconnu. 

Dans une brève déclaration au New York Times, le président républicain s’est félicité d’une opération «remarquable» ayant impliqué «une bonne préparation et beaucoup de bons, bons soldats», notamment contre le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du Venezuela, au sud de Caracas, et la base aérienne de Carlota, au nord.

Le numéro deux du Département d’État américain, Christopher Landau, a proclamé une «nouvelle ère» pour le Venezuela, dont le président socialiste Maduro, au pouvoir depuis 2013, est accusé par Donald Trump d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que ce dernier dément.

La vice-prĂ©sidente vĂ©nĂ©zuĂ©lienne, Delcy Rodriguez, a dĂ©clarĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision ignorer oĂą se trouve le prĂ©sident de 63 ans et exigĂ© des États-Unis «une preuve de vie» du couple Maduro après cette opĂ©ration spectaculaire. 

Caracas a dénoncé une «très grave agression militaire» après les frappes en pleine nuit autour de la capitale et sa région, que le président colombien, Gustavo Petro, a attribuées à une attaque «de missiles».

De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 2 h du matin (1 h heure de l’Est) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 3 h 15 (2 h 15 heure de l’Est), a constaté l’AFP.

«Le Venezuela rejette et dĂ©nonce […] la très grave agression militaire perpĂ©trĂ©e par […] les États-Unis contre le territoire et la population vĂ©nĂ©zuĂ©liens», a indiquĂ© un communiquĂ© du gouvernement. 

Le gouvernement « appelle toutes les forces sociales et politiques du pays à activer les plans de mobilisation», selon le texte qui annonce que Nicolas Maduro «a signé et ordonné […] l’état d’urgence».

Déploiement massif

Le ministre vĂ©nĂ©zuĂ©lien de la DĂ©fense a accusĂ©, sur les rĂ©seaux sociaux samedi Ă  l’aube, l’armĂ©e amĂ©ricaine d’avoir «frappĂ© des zones rĂ©sidentielles», et a promis Ă©galement un dĂ©ploiement massif de tous les moyens militaires du pays. 

«Les forces envahisseuses […] ont profanĂ© notre sol […] allant jusqu’à frapper, au moyen de missiles et de roquettes tirĂ©s depuis leurs hĂ©licoptères de combat, des zones rĂ©sidentielles», a dĂ©clarĂ© le gĂ©nĂ©ral Vladimir Padrino Lopez, indiquant ĂŞtre de «train de recueillir les informations relatives aux blessĂ©s et aux morts». 

Il a aussi promis «le déploiement massif de tous les moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et balistiques, système d’armes pour la défense intégrale».

L’offensive américaine survient alors que Donald Trump avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et affirmé que les jours du président Maduro étaient «comptés», après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes contre le narcotrafic et mené des frappes meurtrières contre des bateaux.

«Alerte générale, ils ont attaqué le Venezuela », a écrit sur son compte X le président colombien, proche de M. Maduro. M. Petro a demandé une réunion «immédiate» de l’Organisation des États américains (OEA) et de l’ONU pour se prononcer sur la «légalité internationale» de cette «agression».

Il a annoncé avoir ordonné le déploiement de militaires à la frontière avec le Venezuela. M. Petro a qualifié les bombardements américains d’«agression contre la souveraineté» de l’Amérique latine et affirmé qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.

L’Iran, qui entretient des liens étroits avec le Venezuela, a condamné «fermement l’attaque militaire américaine », que la Russie a jugée «profondément inquiétante et condamnable».

Moscou a demandĂ© des Ă©claircissements «immĂ©diats» sur la situation de M. Maduro. 

L’Espagne a «appelé à la désescalade et à la modération » et s’est dite « disposée à offrir ses bons offices».

L’Allemagne, l’Italie et la Pologne ont indiquĂ© suivre la situation de près, avec inquiĂ©tude. 

L’Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas, a «appelé à la retenue» et rappelé qu’«en toutes circonstances, les principes du droit international et de la Charte des Nations unies doivent être respectés».

«Beaucoup de détonations»

Des explosions ont été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, a affirmé une habitante de la Guaira à l’AFP, sous couvert d’anonymat. D’autres habitants ont dit à l’AFP avoir entendu des explosions à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l’est de Caracas.

Dans beaucoup de quartiers, les habitants se sont rués à leurs fenêtres et terrasses pour tenter de comprendre ce qui se passait.

Le courant a été coupé dans certains secteurs de la ville, selon des habitants.

Les explosions «m’ont soulevée hors du lit par la force, et sur le moment j’ai pensé : «Mon Dieu, le jour est arrivé», et j’ai pleuré», a raconté à l’AFP María Eugenia Escobar, une habitante de La Guaira, âgée de 58 ans.

Francis Peña, 29 ans, a lui aussi été réveillé en pleine nuit. «On commence à préparer […] un sac avec les affaires les plus importantes : passeport, cartes, liquide, bougie, une tenue de rechange, des conserves. On est déjà habillées, au cas où», dit-il.

Source : Afp

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