
Dr Gilbert Tsolenyanu, secrétaire général du SYNPHOT
Le Syndicat des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT) a apporté son soutien aux prestataires de soins privés confrontés à des factures impayées par les assurances privées et appelé à un règlement rapide de la situation, dans un communiqué publié lundi.
Le syndicat réagit à une note de l’Association des Médecins Privés du Togo (AMPT), datée du 14 septembre 2026, appelant les promoteurs de formations sanitaires privées à suspendre pendant 72 heures la pratique du tiers payant à l’égard des assurances privées, en raison notamment de factures de prestations de soins demeurées impayées.
Le SYNPHOT déplore les désagréments causés aux usagers assurés et invite les acteurs concernés à trouver une issue rapide à la crise. Toute prestation de soins effectivement réalisée, dûment facturée et conforme aux engagements contractuels « doit être réglée dans les délais convenus », affirme-t-il.
Les retards prolongés de paiement fragilisent, selon le syndicat, les structures sanitaires et les pharmacies, en compromettant leur capacité à faire face à leurs charges et en pouvant, à terme, affecter la qualité et la continuité des soins.
Les professionnels et établissements de santé ne peuvent être durablement transformés en « financeurs involontaires des mécanismes d’assurance maladie », fait-il valoir.
Le SYNPHOT demande également une clarification des responsabilités dans la chaîne du tiers payant.
« L’assureur ou l’organisme payeur doit assumer ses engagements financiers à l’égard du prestataire qui a effectivement réalisé la prestation couverte », affirme-t-il, refusant que les prestataires supportent seuls les conséquences des dysfonctionnements administratifs, des retards de liquidation des dossiers ou des difficultés de trésorerie des organismes payeurs.
Le syndicat réclame ainsi une clarification des mécanismes du tiers payant et des responsabilités de chaque acteur et appelle à « un dialogue institutionnel urgent et structuré ».
« La protection sociale ne peut être durable que si celles et ceux qui dispensent les soins sont eux-mêmes protégés par un système de paiement juste, transparent et régulier », souligne-t-il.
Le SYNPHOT rappelle par ailleurs que, depuis son dernier congrès, ses actions s’étendent au secteur privé et qu’il reçoit les adhésions du personnel privé. Il indique porter, parallèlement à son projet de Fonction publique hospitalière, celui d’une convention collective sectorielle de la santé.
Le syndicat dit suivre « avec une attention particulière » l’évolution de la situation et se réserve le droit, conformément aux textes en vigueur, de prendre « toute initiative syndicale appropriée » en concertation avec les organisations représentatives des professionnels de santé.
Il réaffirme enfin son engagement en faveur du droit de la population à la santé et à des soins de qualité, ainsi que du droit du personnel de santé à un travail décent, notamment en matière de rémunération et de conditions de travail. Il dit également vouloir contribuer au respect de la déontologie et à l’amélioration de l’accueil des patients. FIN
Chrystelle MENSAH