
Des femmes du village exécutent une danse traditionnelle lors de la visite des participants au Koutammakou
Une centaine de personnes ont pris part, ce mardi, au premier circuit touristique organisé dans le cadre des Evala 2026, avec une immersion au cœur du Koutammakou, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, et du parc animalier de Sarakawa, dans la région de la Kara.
Initiée par le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts, cette excursion baptisée « Terre des Tamberma et faune de Sarakawa » vise à offrir aux visiteurs une autre expérience des Evala, à travers la découverte des richesses culturelles, patrimoniales et naturelles de cette région située au nord du Togo.
Première étape de cette excursion, le parc animalier de Sarakawa a permis aux participants d’aller à la rencontre de plusieurs espèces animales présentes sur le site. Cette immersion au cœur de la faune locale a constitué le point de départ d’un circuit qui s’est ensuite poursuivi vers le Koutammakou, à la découverte des célèbres habitations traditionnelles « takienta » du peuple Batammariba et des pratiques culturelles qui entourent ce patrimoine inscrit à l’UNESCO.
Sarakawa, une plongée au cœur de la biodiversité
Créé en 1992 à l’initiative du général Gnassingbé Eyadéma (décédé le 5 février 2005), le parc animalier de Sarakawa s’étend sur une superficie de 427 hectares.
Il abrite une riche diversité faunique, composée notamment d’espèces locales telles que les buffles, les biches et les cobs à croissant (waterbucks).
Le parc accueille également des espèces introduites, dont le gnou, originaire d’Afrique australe. Les visiteurs ont aussi pu observer des tortues terrestres, des crocodiles, des autruches, des singes, des pintades sauvages ainsi qu’une grande diversité d’espèces d’oiseaux, témoignant de la richesse de la biodiversité que recèle le parc.

« C’est une très belle découverte pour moi, car je ne voyais jusque-là ces animaux qu’à la télévision », s’est réjouie Afi, l’une des participantes.
Après cette immersion au parc animalier de Sarakawa, les participants ont poursuivi leur circuit par la découverte du Koutammakou, l’un des sites culturels les plus emblématiques du Togo.
Koutammakou, sur les traces d’un peuple façonné par la terre
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004, le Koutammakou, également appelé vallée des Tamberma, s’étend sur près de 500 km² et comprend 36 villages regroupant environ 50.000 habitants.
Ce paysage culturel est habité par les Batammariba, dont le nom signifie « ceux qui façonnent la terre ». Leur langue est le ditammari.
Les Batammariba vivent principalement de l’agriculture et de l’élevage. Selon la tradition orale, leurs ancêtres auraient quitté l’actuel Burkina Faso à la suite de conflits liés notamment à des divergences religieuses, avant de s’installer dans le nord-ouest du Bénin, a expliqué le principal guide touristique, natif de la localité.
Une partie de cette communauté aurait ensuite migré vers le nord du Togo, où elle a établi son territoire dans l’actuel Koutammakou.
Sur place, les visiteurs ont été impressionnés par l’architecture singulière des habitations traditionnelles des Batammariba, appelées « takienta ». Construites principalement en terre, ces maisons à tourelles présentent une forme arrondie ou elliptique et s’apparentent à de véritables forteresses. Elles disposent généralement de plusieurs espaces fonctionnels, notamment des pièces d’habitation, des greniers destinés au stockage des récoltes et des terrasses.

Les participants ont exploré les différents coins et recoins de ces habitations afin de mieux comprendre leur organisation et leur mode de construction. Certains visiteurs sont même montés jusqu’au sommet des takienta, découvrant ainsi une autre perspective sur ces édifices emblématiques et sur le paysage environnant.
La découverte s’est également poursuivie dans une ambiance culturelle avec une série de prestations de danses traditionnelles exécutées par les femmes du village. Trois danses ont été présentées aux visiteurs, mettant en valeur les rythmes et les expressions culturelles des Batammariba. Coiffées de chapeaux ornés de cornes, les danseuses ont offert un moment de partage et d’immersion dans les traditions locales.
Au-delà de leur aspect architectural, ces constructions témoignent du savoir-faire ancestral des Batammariba et de leur lien étroit avec leur environnement naturel et culturel. Chaque habitation reflète également l’organisation sociale et les croyances de ce peuple, dont le nom signifie « ceux qui façonnent la terre ».

« C’est formidable. Je constate que les Batammariba sont un peuple très ingénieux et bien organisé. C’est un patrimoine exceptionnel pour le pays », a confié un visiteur, accompagné de son épouse.
Au cours de la visite, les participants ont également découvert la dimension spirituelle qui accompagne l’habitat traditionnel des Batammariba. Devant certaines grandes habitations, des autels et objets rituels, considérés comme des éléments de protection et de lien avec les ancêtres, sont installés. Ces pratiques témoignent de l’importance des croyances traditionnelles dans l’organisation sociale et culturelle de ce peuple.
Des circuits pour prolonger l’expérience touristique des Evala
Après cette première immersion au cœur du patrimoine naturel et culturel de la région de la Kara, les participants poursuivront leur découverte à travers un deuxième circuit touristique prévu le vendredi 17 juillet 2026 et baptisé « Patrimoine et savoir-faire de la Kozah ».

Ce nouveau parcours conduira les visiteurs au Musée régional de Kara ainsi qu’aux forges traditionnelles de Tcharè, des sites qui témoignent de la richesse historique et du savoir-faire ancestral de la région.
À travers ces circuits touristiques, le ministère du Tourisme ambitionne de valoriser davantage les potentialités culturelles, patrimoniales et naturelles de la région de la Kara.
« À l’occasion des Evala 2026, le ministère du Tourisme innove en lançant des circuits touristiques pilotes destinés à enrichir l’expérience des visiteurs. L’objectif est de faire découvrir, au-delà des luttes traditionnelles, toute la richesse culturelle, patrimoniale et naturelle de la région de la Kara », a déclaré à l’Agence Savoir News Isaac Tchiakpè, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts.
Selon le ministre, cette initiative répond à un triple objectif : « diversifier l’offre touristique autour des Evala, prolonger la durée de séjour des visiteurs afin de générer davantage de retombées économiques pour les communautés locales, et renforcer la promotion de la destination Togo à travers la production de contenus photographiques et audiovisuels de qualité ».

« Notre ambition est que les Evala deviennent non seulement un grand rendez-vous culturel, mais également une véritable vitrine du potentiel touristique du nord du Togo et de la destination Togo dans son ensemble », a-t-il ajouté.
FIN
De Kara, Junior AUREL