
Un symposium consacré aux pratiques et approches didactiques de l’éducation au civisme, à la citoyenneté, à la non-violence et à la paix en milieu scolaire s’est ouvert mardi à Lomé, à l’initiative de WANEP-Togo, en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale et avec l’appui de la représentation permanente de la CEDEAO au Togo.
Cette rencontre de deux jours vise à favoriser le partage d’expériences entre les acteurs éducatifs et institutionnels, à identifier les pratiques pédagogiques les plus efficaces pour renforcer l’appropriation des valeurs citoyennes par les apprenants et à formuler des recommandations concrètes pour améliorer l’éducation à la citoyenneté.
Les travaux se tiennent dans un contexte marqué par les défis liés aux violences en milieu scolaire, à la désinformation et aux discours de haine. L’enjeu est de promouvoir des méthodes d’enseignement permettant aux élèves non seulement d’acquérir des connaissances, mais aussi de développer le respect mutuel, le dialogue et le règlement pacifique des différends.
Des approches pédagogiques pour ancrer les valeurs de paix
Pour le président du conseil d’administration de WANEP-Togo, le professeur Lolowou Folly Kokou Hetcheli, l’éducation à la paix ne saurait se limiter à la transmission de connaissances théoriques.

« La paix ne s’enseigne pas seulement par les mots ; elle s’apprend par l’expérience, se construit dans les relations quotidiennes et se manifeste dans les comportements », a-t-il souligné.
Il a rappelé l’expérience du programme d’éducation à la paix et à la non-violence mis en œuvre par l’organisation dans plusieurs établissements scolaires.
« Les clubs de paix, la médiation par les pairs, les jeux éducatifs, les contes et les sketchs ont notamment permis de promouvoir le dialogue et de prévenir les conflits », a-t-il fait savoir.
La représentante résidente de la CEDEAO au Togo, Emily Gray Deweh, a, pour sa part, souligné le rôle de l’éducation dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.
Elle a rappelé que l’école constitue un cadre essentiel pour inculquer aux jeunes les valeurs de tolérance, de respect mutuel et de participation citoyenne.
Au nom du ministère de l’Éducation nationale, Sena Koffi Agbozoh a relevé plusieurs défis liés à l’efficacité des méthodes pédagogiques, à l’évaluation des compétences citoyennes et à l’adaptation des enseignements aux nouveaux risques numériques, notamment la désinformation et le cyberharcèlement.
Il a également évoqué les mesures engagées pour protéger les apprenants contre les violences et les discriminations.
M. Agbozoh a notamment cité « la loi adoptée en novembre 2022 portant protection des apprenants contre les violences à caractère sexuel », ainsi que les actions en faveur du maintien des filles à l’école, de l’éducation inclusive et de la protection des enfants vulnérables.
Des recommandations pour renforcer l’éducation à la citoyenneté
Pour WANEP-Togo, l’enjeu est désormais de renforcer l’intégration de l’éducation au civisme, à la citoyenneté, à la non-violence et à la paix dans les pratiques pédagogiques, tout en identifiant des moyens d’évaluer les changements de comportement chez les apprenants.
Les participants sont ainsi appelés à partager leurs expériences, à examiner les approches existantes et à formuler des recommandations adaptées aux réalités des établissements scolaires.

Pendant les deux jours de travaux, les acteurs institutionnels, les responsables d’établissements scolaires et universitaires, les organisations de la société civile ainsi que les représentants de la jeunesse examinent les pratiques existantes, les obstacles à leur mise en œuvre et les conditions nécessaires à leur réussite.
Les travaux devraient déboucher sur un recueil de bonnes pratiques, des recommandations à l’intention des décideurs et des acteurs éducatifs, ainsi qu’un plan de suivi destiné à favoriser leur mise en œuvre.
À terme, l’initiative vise à faire des établissements scolaires des espaces où le civisme, la citoyenneté, le dialogue et la non-violence sont non seulement enseignés, mais aussi pratiqués au quotidien. FIN
Bernadette AYIBE