
L’ONG Réseau des Femmes pour le Développement (REFED-Savanes) a procédé, ce mardi 3 novembre, à l’inauguration de deux maisons de transit destinées à l’accueil et à la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre (VBG).
Ces infrastructures, aménagées dans l’enceinte de l’organisation à Dapaong, ont été réalisées avec l’appui de Togo Verein (Allemagne), du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).
La cérémonie d’inauguration a été présidée par la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, en présence du gouverneur de la région des Savanes ainsi que des représentants des partenaires techniques et financiers.
La cérémonie a également regroupé des autorités locales et administratives, ainsi que des femmes membres des associations, groupements et coopératives affiliés au REFED.
Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles. Elle vise à sensibiliser les populations sur les violences basées sur le genre (VBG), tout en offrant l’occasion de réaffirmer l’engagement collectif en faveur de communautés plus protectrices et inclusives, où les droits et la dignité des femmes et des filles sont respectés.

Il convient de rappeler que la région des Savanes traverse une période particulièrement difficile, marquée par une crise humanitaire et des vulnérabilités socio-économiques qui accentuent considérablement les risques d’exposition des femmes et des filles aux violences basées sur le genre.
Ces nouvelles infrastructures viennent ainsi apporter une réponse aux besoins urgents liés à la crise humanitaire que traverse actuellement la région des Savanes.
Elles sont destinées à l’accueil temporaire, à la protection, à la remise en confiance et à l’orientation des survivantes de VBG, des filles et femmes réfugiées, déplacées internes, vulnérables et en situation de précarité, pour un soutien immédiat qui aiderait à leur stabilité mentale et émotionnelle avant toute action de prise en charge et de réparation par les structures spécialisées.
Les infrastructures comprennent deux bâtiments flambant neufs dotés de plusieurs dortoirs équipés, un forage destiné à l’approvisionnement en eau potable ainsi qu’un bloc administratif pourvu des équipements nécessaires à son fonctionnement. Leur réalisation a été rendue possible grâce à l’appui financier de Togo Verein, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).
Ces infrastructures revêtent une importance particulière dans la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre. Elles constituent un dispositif d’accueil, de protection et d’accompagnement destiné à offrir aux personnes victimes un cadre sécurisé pour se reconstruire et retrouver progressivement leur autonomie.
C’est un espace essentiel pour offrir aux femmes et filles victimes un environnement sécurisé, passager et propice à leur protection et leur rétablissement. Elles permettront de renforcer les capacités d’accueil, d’orientation et d’accompagnement des survivants des violences.
Des infrastructures pour une prise en charge globale des victimes de VBG
Ces maisons de transit ont pour vocation d’assurer une prise en charge globale des victimes, à travers un accompagnement psychologique et psychosocial, leur orientation vers les services compétents, notamment en matière de santé, d’assistance juridique et sociale, ainsi qu’un soutien à leur réinsertion socio-économique et à leur autonomisation.
Selon Mme Martine Moni Sankaredja-Sinandja, ministre des solidarités, du genre, de la famille et de la protection de l’enfance, ces maisons de transit représentent bien plus que de simples infrastructures d’accueil.

« Pour une femme ou une jeune fille confrontée aux violences, franchir la porte d’une maison de transit ne signifie pas simplement entrer dans un bâtiment. Cela signifie quitter un environnement d’insécurité, de peur et parfois de profonde détresse pour accéder à un espace de protection, de réconfort et de reconstruction. Pour de nombreuses survivantes, ces maisons représentent une seconde chance. Elles constituent un refuge temporaire, mais surtout un point de départ vers une nouvelle vie, fondée sur la sécurité, la dignité et l’autonomie », a-t-elle souligné.
La ministre a exprimé sa profonde reconnaissance au REFD pour son engagement constant en faveur des femmes et des filles de la région des Savanes.
Pour sa part, Mme Kabissa Lamboni Conforte, sénatrice et coordonnatrice du REFED, a exprimé sa gratitude au gouvernement ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers pour leur engagement en faveur du renforcement de la lutte contre les violences basées sur le genre et de la prise en charge des femmes et des filles victimes de ces violences.
Créée en avril 2004, l’ONG Réseau des Femmes pour le Développement (REFED) compte aujourd’hui plus de 500 associations, groupements et coopératives de femmes, regroupant chacun au moins 35 membres.
Dans sa quête d’une tolérance zéro face aux violences basées sur le genre, le REFED multiplie les initiatives de prévention et de lutte contre ce fléau. Ces actions passent notamment par la sensibilisation et la mobilisation communautaire, ainsi que par le renforcement des mécanismes locaux de prévention, d’identification, d’orientation et de prise en charge des victimes, en vue de favoriser leur reconstruction et leur réinsertion sociale. FIN
Julien SAMA, Savoir News Dapaong