
La Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) a lancé, mardi 13 octobre 2026 à Lomé, une leçon inaugurale consacrée à l’éthique et à l’intégrité à l’École nationale d’administration (ENA).
Cette leçon est placée sous le thème : « Servir l’État et les citoyens avec intégrité : éducation à la citoyenneté, éthique administrative et lutte contre la corruption ». Elle vise le renforcement des valeurs républicaines au sein des futurs cadres.
A travers cette leçon inaugurale, une nouvelle ère s’ouvre pour la formation des hauts cadres de l’administration togolaise. L’ENA amorce ainsi le déploiement de ses nouveaux curricula de formation intégrant la lutte contre la corruption
Le président de la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) Aba Kimelabalou ainsi que le directeur général de l’ENA Prof Adama Kpodar ont pris part à ce premier chapitre d’un curricula de formation aux côtés de plusieurs représentants de la HAPLUCIA, du corps enseignant, des formateurs et des étudiants.
« L’administration de demain se prépare dans les écoles d’aujourd’hui, son efficacité dépendra de la compétence de ses cadres, mais sa crédibilité dépendra de leur intégrité. L’objectif de cette intégration n’est donc pas simplement d’ajouter un contenu supplémentaire à votre formation. Il s’agit de contribuer à construire une véritable culture de l’intégrité, afin que les valeurs enseignées puissent se traduire demain dans vos décisions, vos comportements et votre manière de servir l’État. La lutte contre la corruption ne commence pas uniquement dans les institutions de contrôle. Elle commence dans la formation, se construit dans les consciences et se traduit dans les comportements », a déclaré Aba Kimelabalou.

« Aujourd’hui, c’est une nécessité de dire à nos élèves ce qu’est la corruption et les crimes assimilés et de leur montrer les moyens de lutte contre cette corruption. Un cours sur ce sujet n’est pas un cours académique ou pédagogique comme les autres parce que nous devons arriver à agir sur le système, la psychologie, le mental et reformater les esprits qui sont à notre portée », a renchéri le Prof Kpodar.
L’intégration de ces nouveaux curricula de formation s’inscrit dans le cadre du « Projet d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption dans les curricula d’enseignement et de formation au Togo », piloté par la HAPLUCIA avec l’appui de l’ONUDC et du ministère de l’éducation.
Elle s’inscrit dans une démarche ambitieuse visant à inculquer une culture de la transparence dès les bancs de l’école et des institutions de formation. Le projet s’inscrit aussi dans une volonté nationale de renforcer la gouvernance, la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques.
Il traduit également la nécessité de préparer une nouvelle génération de citoyens davantage engagés en faveur de leur pays et conscients de leur rôle dans la consolidation de l’État de droit et des institutions.
« Notre ambition doit aller au-delà de la production de documents ou de l’organisation d’activités pédagogiques. Nous devons faire de l’intégrité une véritable culture. Une culture qui s’apprend. Une culture qui se transmet. Une culture qui s’incarne. Une culture qui se protège. Car une société ne change durablement que lorsque ses valeurs cessent d’être uniquement enseignées pour devenir effectivement vécues. On ne bâtit pas une administration intègre uniquement en apprenant à reconnaître la corruption, on la bâtit en apprenant, chaque jour, à choisir l’intérêt général plutôt que l’intérêt particulier. C’est cette culture que nous voulons contribuer à installer progressivement », a précisé le président de la HAPLUCIA. FIN
Chrystelle MENSAH
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