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Robert Dussey : « Le choix du Togo est d’aider les pays de l’AES »

Robert Dussey

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a affirmé mercredi que le Togo a fait le choix d’aider les trois pays membres de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), estimant que leur sécurité est liée à celle des autres pays de la région, dans un entretien accordé à France 24 en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

« Le choix du Togo, le choix du président du Conseil Faure Gnassingbé est d’aider les trois pays de l’AES », a déclaré M. Dussey, en référence au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Le ministre a estimé que l’isolement de ces trois pays n’était pas une solution face à la situation sécuritaire au Sahel.

« La solution, c’est de ne pas isoler ces trois pays de l’AES, parce que leur sécurité dépend de notre sécurité », a-t-il déclaré, présentant ces Etats comme « une forme de digue contre l’extrémisme violent, contre les groupes terroristes ».

M. Dussey a également appelé au dialogue entre l’AES et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

« Nous ne pouvons pas isoler les trois pays de l’AES. Ce n’est pas responsable. La responsabilité est de travailler, de dialoguer, de parler avec ces pays », a-t-il martelé.

Interrogé sur un éventuel retour du Mali, du Burkina Faso et du Niger au sein de la CEDEAO, le ministre a estimé que ces pays avaient fait le choix de constituer leur propre confédération.

« Pourquoi voulez-vous qu’ils regagnent la CEDEAO ? Ils ont fait le choix d’avoir une confédération », a-t-il ajouté.

« Beaucoup de progrès » dans la lutte contre le terrorisme

Interrogé sur la situation sécuritaire dans le nord du Togo, M. Dussey a assuré que des progrès ont été réalisés dans la lutte contre les groupes terroristes dans l’extrême-nord du Togo. La région des Savanes fait face à des groupes terroristes depuis novembre 2021.

« Le danger est partout », a-t-il rappelé, évoquant notamment la coopération avec les forces armées burkinabè pour contenir les attaques.

« Nous arrivons, avec les forces armées burkinabè, à contenir les terroristes. Beaucoup de progrès ont été faits. L’extrême nord du Togo est beaucoup plus pacifique aujourd’hui qu’il y a quatre ans », a-t-il affirmé.

Pas de « mercenaires russes« 

Le chef de la diplomatie togolaise a par ailleurs démenti la présence de « mercenaires russes » au Togo, alors que le journaliste de France 24 l’interrogeait sur des informations faisant état de plus de 300 membres du groupe paramilitaire russe Africa Corps dans le pays.

« Je vous dis que c’est faux », a répondu M. Dussey.

« Nous n’avons pas de mercenaires russes », a-t-il déclaré, précisant que le Togo compte en revanche des formateurs russes dans le cadre de sa coopération militaire avec Moscou.

Ces formateurs interviennent notamment pour entraîner les forces togolaises à l’utilisation d’équipements militaires, a expliqué le ministre, citant notamment des hélicoptères.

« Quand vous achetez un hélicoptère français, un hélicoptère américain, un hélicoptère chinois ou un hélicoptère russe, c’est bien sûr des formateurs qui viennent entraîner nos forces de défense et de sécurité, entraîner les pilotes », a-t-il déclaré.

M. Dussey a également rappelé que le Togo entretient des relations diplomatiques avec la Russie depuis le 1er mai 1960, date à laquelle les relations avaient été établies avec l’Union soviétique, quelques jours après l’indépendance du pays.

Cette coopération couvre notamment les domaines politique, diplomatique et commercial, a-t-il précisé.

Des relations « jamais difficiles » avec la France

Interrogé enfin sur les relations entre Lomé et Paris, le ministre a assuré qu’elles restaient bonnes, malgré plusieurs dossiers ayant marqué les relations bilatérales ces derniers mois.

France 24 et Radio France Internationale (RFI) sont suspendues au Togo depuis 2025, tandis que deux réalisateurs français et leur collaborateur togolais avaient été détenus fin juillet et poursuivis pour « fausses déclarations », avant d’obtenir une liberté provisoire début septembre.

« Soyez rassuré, les relations entre le Togo et la France n’ont jamais été difficiles », a déclaré M. Dussey.

« Bien sûr, parfois, il peut y avoir des malentendus que la France a avec certains pays. Nos relations sont bonnes, il n’y a absolument pas de problème entre le Togo et la France », a-t-il rassuré. FIN

Junior AUREL

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