
Deux programmes destinés à faciliter l’insertion professionnelle des jeunes, « Vacances actives en entreprise 2026 » et « Talent2Africa », ont été présentés aux entreprises du secteur privé, le jeudi 20 août à Lomé, lors d’une rencontre d’échanges avec les employeurs.
Organisée par l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), en collaboration avec le Conseil national du patronat (CNP-Togo), cette rencontre d’échanges vise à mobiliser les employeurs autour de ces deux dispositifs de stages.
Les travaux ont été présidés par le ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports, Dr Abdul-Fahd Fofana, en présence de la représentante du président du CNP-Togo, Mme Valentine Sama, ainsi que de plusieurs responsables d’organisations professionnelles et d’entreprises.
Les deux programmes poursuivent une même ambition : rapprocher les jeunes du monde professionnel, renforcer leurs compétences et faciliter leur insertion sur le marché de l’emploi. Ils ciblent toutefois des profils différents.

Lancée en 2025 par le gouvernement et mise en œuvre par l’ANPE, l’initiative vise à offrir aux étudiants une première expérience professionnelle pendant les vacances universitaires. La première édition a dépassé l’objectif initial de 1 000 bénéficiaires. Au total, 1 204 étudiants ont été placés dans 260 structures d’accueil, dont 472 jeunes femmes, soit 39,2 % des bénéficiaires.
Bilan encourageant
L’évaluation de cette première expérience fait ressortir un bilan encourageant. Environ 94 % des stagiaires déclarent s’être pleinement intégrés à leur structure d’accueil, tandis que 73 % estiment que leur stage était en adéquation avec leur domaine de formation. Au total, 76,8 % se disent satisfaits ou très satisfaits de leur expérience.
L’immersion a également permis aux jeunes de renforcer leurs compétences. Selon les résultats présentés, 94,2 % des participants estiment avoir consolidé leurs compétences transversales, tandis que 85,3 % déclarent avoir acquis des compétences techniques et pratiques utiles à leur future insertion professionnelle.
Du côté des entreprises, l’appréciation est également positive. 97,7 % des structures d’accueil considèrent le dispositif utile ou très utile et 90,8 % se disent disposées à accueillir de nouveaux stagiaires. Leur capacité d’accueil cumulée pour une prochaine édition est estimée à environ 1 340 offres de stage.
Pour Valentine Sama, du CNP-Togo, ces résultats montrent l’importance de renforcer les liens entre les jeunes et les entreprises. Elle a appelé à créer « des passerelles plus solides » entre la formation et le monde professionnel, estimant que le développement des compétences constitue un enjeu pour la compétitivité du secteur privé.
Le ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports, Abdul-Fahd Fofana, a, pour sa part, rappelé l’importance du capital humain dans la transformation économique du pays.
«Le capital humain, les questions d’employabilité et d’insertion professionnelle, ainsi que l’autonomisation des jeunes constituent une priorité de l’action publique», a-t-il déclaré.
Selon lui, la formation ne doit pas se limiter aux connaissances théoriques. L’immersion en entreprise doit permettre aux jeunes de confronter leurs acquis aux réalités du terrain et de développer des compétences adaptées aux besoins du marché du travail.
Pour cette deuxième édition, le projet entend accueillir au moins 1 200 étudiants, avec une ambition pouvant aller jusqu’à 1 500 bénéficiaires. Le dispositif s’adresse aux jeunes Togolais âgés de 18 à 35 ans, régulièrement inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur reconnu, notamment en fin de cycle Licence ou en Master.
Les candidats ne doivent pas avoir participé à la première édition de « Vacances actives en entreprise », ni bénéficié du programme AIDE de l’ANPE ou du volontariat national de l’ANVT.
Chaque bénéficiaire retenu sera couvert par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) au titre des risques professionnels et percevra une indemnité de stage de 50.000 FCFA.
Une plateforme dématérialisée a été mise en place pour faciliter les inscriptions des étudiants et permettre aux entreprises de déposer leurs offres de stage. Le dispositif doit ainsi faciliter la mise en relation entre les profils recherchés par les entreprises et les compétences des candidats.

Le directeur général de l’ANPE, Tsiglo Kossi, a souligné que l’objectif est de tirer les enseignements de la première édition, afin d’améliorer l’accompagnement des jeunes et de renforcer la qualité de leur immersion.
La réussite du programme repose également sur l’engagement des entreprises. Les structures participantes doivent être formelles, affiliées à la CNSS et désigner un tuteur chargé d’accompagner le stagiaire durant son immersion.
Les témoignages recueillis auprès des employeurs ayant participé à la première édition montrent que l’expérience peut aussi profiter directement aux entreprises.
« Nous avons été très satisfaits de la première édition. Nous avons accueilli deux vagues d’étudiants et, globalement, ils ont vraiment donné le meilleur d’eux-mêmes », a témoigné Souka Komlan, employeur dans les secteurs des pièces de rechange industrielles, du matériel informatique et de l’intégration de logiciels.
Selon lui, certains anciens stagiaires ont continué à garder le contact avec l’entreprise. Quatre d’entre eux ont notamment repris contact avec la structure et une jeune diplômée a obtenu un contrat à durée déterminée.
Tchamdja Badi Victorien, de EE BTP, a toutefois relevé que la durée d’un mois pouvait parfois limiter le temps consacré à l’accompagnement des stagiaires, notamment sur les aspects comportementaux.
Il a néanmoins estimé que l’expérience avait permis à certains jeunes de révéler leur potentiel et de nouer des relations professionnelles avec les entreprises d’accueil.
Talent2Africa pour faciliter l’insertion des jeunes diplômés
Le second programme présenté aux employeurs est « Talent2Africa », mis en œuvre avec l’appui de la Fondation Mastercard. Contrairement à « Vacances actives en entreprise », qui cible principalement les étudiants encore en formation, ce dispositif s’adresse aux jeunes diplômés.
Il prévoit 500 stages rémunérés au Togo dans le cadre de contrats d’insertion professionnelle d’une durée de 12 mois. Les bénéficiaires percevront une indemnité mensuelle de 125.000 FCFA, entièrement financée par la Fondation Mastercard.
Pour les entreprises, le programme offre la possibilité d’accueillir des profils présélectionnés, de les former et d’évaluer leurs compétences en situation réelle, avec une possibilité d’embauche à l’issue du parcours.

Pour Pilo Mikemba, de l’Université de Kara, ces deux initiatives répondent à des besoins complémentaires.
« +Vacances actives+ permet aux étudiants encore en formation de découvrir l’entreprise, tandis que Talent2Africa donne aux jeunes diplômés sans expérience une première occasion d’entrer dans le monde professionnel », a-t-il fait savoir.
À travers ces deux dispositifs, l’ANPE, le CNP et leurs partenaires entendent ainsi renforcer le lien entre la formation et l’emploi. L’objectif est de permettre aux jeunes de développer une expérience pratique, de mieux comprendre les exigences du marché du travail et de disposer de compétences davantage en phase avec les besoins des entreprises. FIN
Bernadette AYIBE