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TOGO / OMD-AOC/AGET : Charles Gafan, l’homme de la double confiance

Charles Kokouvi Gafan

Élu en juin à la présidence de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), après avoir été porté, quelques semaines plus tôt, à la vice-présidence du Groupe Regional du Secteur Privé de l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Charles Kokouvi Gafan voit son parcours rejoindre l’agenda d’un pays en quête de puissance économique, de compétitivité et d’influence régionale.

A travers lui, c’est la crédibilité du secteur privé togolais, le rôle croisant de Lomé et la vision d’un Togo réformateur qui se trouvent de nouveau consacrés.

Il y a parfois, dans l’actualité, des enchainements qui tiennent moins du hasard que d’une forme de logique historique. Le 19 juin 2026, Charles Kokouvi Gafan, PDG d’Africa Global Logistics (AGL) Togo a été élu président de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET) pour un mandat de 3 ans, à l’issue d’une assemblée générale tenue à Lomé.

Quelques semaines plus tôt, il avait été porté à la vice-présidence du Groupe Régional du Secteur privé de l’OMD, Région Afrique occidentale et Centrale (GRSP-AOC) qui regroupe 24 pays, lors de la réunion inaugurale tenue à Freetown (Sierra-Leone), en marge de la 3è Conférence des Directeurs généraux des Douanes.

Deux élections, deux scènes, mais au fond un même combat : organiser le dialogue public-privé, fluidifier les échanges, renforcer la compétitivité et faire du secteur privé un levier structurant du développement économique régional.

Le parallèle est d’autant plus frappant que les objectifs de l’AGET et ceux du Groupe régional du Secteur privé de l’espace OMD Afrique de l’Ouest du Centre se rejoignent presque terme à terme. D’un côté, l’AGET rassemble les grandes entreprises de l’industrie, des services, de la banque, des assurances et de la logistique, et s’est imposée comme interlocuteur de poids dans le dialogue entre l’État sur la fiscalité, l’énergie la compétitivité et l’investissement.

De l’autre, le nouveau cadre régional de l’OMD entend précisément renforcer la synergie d’actions entre les administrations douanières membres et les acteurs économiques de la région. Il vise à promouvoir un cadre permanent de concertation, inspiré des meilleurs pratiques observées dans les autres régions du monde, afin d’améliorer la fluidité des échanges, la modernisation des procédures et l‘efficacité du partenariat public-privé. Concours de circonstances, peut-être, mais surtout convergence de missions, de priorités et de défis.

L’AGET n’est pas une structure de témoignage. Fondée en 2007, elle fédère aujourd’hui près d’une centaine de grandes d’entreprises et représente un poids économique considérable dans le paysage national. Charles Gafan prend donc les rênes de l’organisation patronale la plus emblématique des grandes entreprises togolaises au moment où se redessinent les priorités économiques des cinq prochaines années du pays.

Le temps des responsabilités

Cette séquence conforte aussi une lecture plus large: celle d’un Togo qui poursuit, sous l’impulsion du Président du Conseil, une vision moderne de son développement économique, fondée sur la transformation structurelle, l’attractivité, l’amélioration constante du climat des affaires et l’intégration aux grands circuits régionaux.

L’émergence d’un profil togolais à l’intersection des enjeux logistiques, douaniers, patronaux et internationaux dit beaucoup de cette ambition nationale. Freetown comme Lomé rappellent, chacune à leur manière, qu’un pays qui réforme ses outils, structure son administration et professionnalise ses acteurs, finit par voir son influence reconnue, au-delà de ses frontières.

Il faut, dans ce tableau, faire une place particulière à l’Office togolais des Recettes (OTR), qui, depuis plusieurs années, s’illustre par la modernisation de ses règles, de ses procédures et de ses instruments d’intervention, au point d’apparaitre comme l’un des visages les plus crédibles de l’expertise togolaise dans les enceintes régionales.

L’élection de Charles Gafan à une responsabilité au sein du dispositif privé de l’Organisation Mondiale des Douanes s’inscrit aussi dans ce continuum : celui d’un pays qui ne se contente plus de participer, mais qui entend compter, proposer et peser dans les espaces où se construit la gouvernance économique régionale.

Il faut également souligner que M. Gafan n’arrive pas à ses responsabilités sans bagages. Fort d’un long parcours dans le secteur portuaire et logistique, il est aussi le président d’EuroCham, la Chambre de commerce européenne au Togo depuis 2019.

Cette triple exposition, à la tête d’une grande entreprise stratégique, de l’AGET et d’une chambre économique à vocation internationale, dessine le profil d’un homme de terrain appelé désormais sur plusieurs fronts.

Au fond, la double actualité de Charles Gafan raconte moins la promotion d’un homme que la montée en gamme d’un écosystème. Elle dit le poids croissant du secteur privé togolais. Elle confirme la place de Lomé parmi les pôles économiques et logistiques qui comptent dans la sous-région.

Elle souligne, enfin, qu’à l’heure des nouvelles priorités gouvernementales, les grands défis du Togo ne se gagneront ni sans les entreprises ni sans les institutions, ni sans les personnalités capables de faire le lien entre le terrain, la réforme et l’ambition régionale.  

Voilà désormais les grands chantiers qui se dressent devant le nouveau président de l’AGET. Et, au delà de sa personne, c’est tout un pays qui entend transformer sa crédibilité en leadership durable.

Savoir News

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